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Jeudi 28/05/2026
Les Français bien trop chiches sur la consommation de légumineuses
Alors que les recommandations nutritionnelles prônent la consommation de légumes secs deux fois par semaine, les français en mangent en moyenne une fois toutes les deux semaines, selon l’étude Nutrimétrie 2024.
A y regarder de près, il suffirait d’inverser les paramètres – 2 fois / semaine au lieu de 1 fois / 2 semaines - pour que les Français se conforment aux recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS 5), ce qui signifie au passage que l’on est loin du compte. Selon l’enquête Nutrimétrie 2024, diligentée par 13 interprofessions réunies au sein du Comité de liaison des interprofessions agricoles et agroalimentaires (CLIAA), dont Terres Univia, le niveau moyen de consommation de légumineuses atteint 1,6 kilo par an, soit le tiers (5 kg/an) de ce que recommande le PNNS 5.
Réalisé par le cabinet C-ways, l’enquête a caractérisé, auprès de 2200 adultes, la consommation de légumes secs (pois chiches, lentilles, pois cassés, haricots secs), de fèves et de soja, qu’ils soient cuisinés tels quels ou intégrés dans des plats.
Les lentilles et les conserves d’abord
La lentille est la légumineuse la plus consommée, devant le pois chiche. Les conserves constituent le principal format utilisé, représentant près de la moitié des quantités (environ 0,7 kg/an), devant les légumineuses contenues dans des plats préparés et les légumineuses sèches (0,2 kg/an chacune), puis celles issues de soupes (0,1 kg/an). La consommation s’effectue encore très majoritairement à domicile (89% des volumes), contre 11% hors domicile. « Les résultats de cette nouvelle enquête alimentaire robuste sur la consommation de légumineuses des Français confirment l’ampleur des enjeux d’éducation nutritionnelle et gustative à poursuivre pour atteindre les recommandations de consommation préconisées par les autorités de santé, analyse Marilou Keck, chargée de mission Consommation & Marchés Alimentation Humaine chez Terres Univia. Ils indiquent également la nécessité de poursuivre le développement d’une offre accessible, pratique et adaptée aux usages du quotidien. L’ensemble de ces leviers permettra de lever certains freins à la consommation et de multiplier les occasions de consommation dans les foyers ».
Publiée en février dernier, la Stratégie nationale alimentation nutrition santé (SNANC), instaurée par la loi Climat et résilience de 2021, préconise une « diversification des sources de protéines », au motif que les objectifs nutritionnels et climatiques convergent vers une augmentation de la consommation de produits végétaux (fruits, légumes, légumineuses et fruits à coque) et une limitation de la consommation de viandes et de charcuterie, en particulier importées.
Age, genre, profession et pratiques culinaires locales
La consommation moyenne est la plus faible chez les 18–34 ans et les 45–64 ans (1,4 kg/an), tandis qu’elle est plus élevée chez les 35–44 ans et les 65–79 ans (1,9 kg/an). Le surcroît observé chez les 35–44 ans provient surtout des légumineuses intégrées dans des plats préparés et autres recettes (soupes, alternatives végétales, préparations diverses).
Le genre n’apparaît pas comme un facteur structurant de la consommation de légumineuses (1,5 kg/an pour les hommes et 1,7 kg/an pour les femmes). On observe en revanche une consommation plus faible chez les adultes vivant avec des enfants (environ 1,2 kg/an) que chez les adultes vivant seuls ou en couple sans enfant (autour de 2,0 kg/an). Ces écarts suggèrent des pratiques de consommation différentes selon la situation familiale (organisation des repas, praticité, acceptabilité des légumineuses au sein du foyer…).
La profession est un déterminant important de consommation. Les niveaux les plus élevés sont observés chez les cadres (2,4 kg/an) ainsi que chez les agriculteurs, les artisans, les commerçants, les chefs d’entreprise et les professions intermédiaires (2,2 kg/an). À l’inverse, la consommation est nettement plus faible chez les employés (1,4 kg/an) et surtout chez les ouvriers (0,4 kg/an). Enfin, les contrastes territoriaux sont importants : la consommation est par exemple environ six fois plus élevée dans la zone Ouest que dans le Nord, symbolisant l’importance des pratiques culinaires locales. « Ces résultats mettent en évidence une marge de progression importante, que ce soit pour élargir le nombre de consommateurs ou pour augmenter la présence de légumineuses dans les assiettes », conclut l’étude.