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Lundi 18/05/2026

Road TRIPE : les abats porcins français décrochent leur visa chinois !

Publié par Pleinchamp

Après plusieurs années de négociations, les premiers abats blancs français sont officiellement autorisés en Chine. Un débouché stratégique qui redonne de la valeur à toute la carcasse. Cette valorisation était très attendue par toute la filière.

C'est désormais officiel : après trois années de négociations, les premiers conteneurs ont amarré dans le port de Tianjin en ce mois de mai 2026. L'ouverture du marché chinois aux abats blancs de porc français représente une opportunité majeure pour valoriser l'intégralité des carcasses. . Cette avancée est le fruit d'un travail de longue haleine mené conjointement par Inaporc, la Direction générale de l'alimentation (DGAL), FranceAgriMer et l'ambassade de France en Chine. Cette ouverture s'inscrit dans le prolongement de l'initiative « De la ferme française à la table chinoise », lancée en avril 2023 par Emmanuel Macron et Xi Jinping. Après la signature d'un accord d'autorisation en mai 2024 et des audits réalisés en juillet 2025, les premiers abattoirs ont obtenu leur agrément en fin d'année. Ce nouveau débouché marque un tournant pour les exportations hexagonales. Mieux vendre les abats - qui ne trouvent pas forcément leur public en France contrairement à la Chine - permet de soutenir l'équilibre économique du porc entier.

Cinq entreprises françaises habilitées

Cinq entreprises françaises sont désormais autorisées à exporter des abats blancs (estomacs et intestins) vers la Chine. Inaporc souligne que cette capacité à répondre aux exigences sanitaires et réglementaires du marché chinois confirme la qualité et la fiabilité de la filière française. La France devient ainsi le premier pays à obtenir cet agrément pour l'exportation d'intestins de porc vers la Chine, un avantage concurrentiel non négligeable.

Un marché chinois incontournable

La Chine demeure le premier débouché des exportations françaises de produits porcins. En 2025, la France a exporté 104 000 tonnes vers ce pays, générant un chiffre d'affaires avoisinant les 200 millions d'euros. Malgré un recul de 9,9 % des exportations sur un an, lié aux tensions commerciales, les perspectives s'améliorent. En décembre 2025, les autorités chinoises ont fixé la taxe antidumping sur le porc européen à 9,8 %. Cette clarification tarifaire permet aux acteurs de la filière de mieux anticiper leurs stratégies commerciales et de relancer leurs flux d'exportation.

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Une hausse de 10 % attendue

Inaporc table sur une augmentation de 10 % des volumes de produits porcins français exportés vers la Chine grâce à cette nouvelle ouverture. Cette diversification des débouchés revêt une importance stratégique dans un contexte de tensions commerciales persistantes. Elle offre à la filière porcine française une meilleure résilience face aux aléas des marchés internationaux. La filière porcine française représente 130 000 emplois sur le territoire, dont 25 000 en élevage. L'ouverture du marché chinois aux abats blancs contribue à sécuriser ces emplois et à maintenir la compétitivité du secteur face à la concurrence internationale.
Reste à voir si cette fenêtre commerciale restera ouverte. Les tensions sino-européennes pourraient à tout moment remettre en question ces avancées. Pour la filière porcine, c'est donc une opportunité à saisir rapidement, avant que le contexte géopolitique ne se durcisse davantage. Mais, cette bonne nouvelle confirme l'adage : tout est bon dans le cochon ... français !