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Mardi 20/10/2026

Robotique agricole : un AgXeed à l’essai à la cuma de Sassy.

Publié par CUMA Ouest

Malgré la pluie battante et les rafales de vent, les agriculteurs ont répondu présents pour observer le robot au travail et échanger autour de cette technologie. Distribué par Tecmat, l’AgBot T2 de 230 ch a travaillé pendant deux jours à la cuma de Sassy.

Robotique agricole : les cuma normandes franchissent une nouvelle étape

Par temps de pluie et de vent, les agriculteurs sont venus nombreux voir l'AgBot T2 de 230 ch, distribué par Tecmat, travailler deux jours à la cuma de Sassy. Pour les fédérations de cuma normandes, qui explorrent depuis plus d'un an la robotique aux champs, cette démonstration marque une étape supplémentaire.

Un tracteur sans cabine

Sans cabine ni conducteur, le robot suit ses trajectoires grâce au GPS RTK et à un guidage géolocalisé. Chenilles, détection d'obstacles et système de supervision complètent l'équipement. Selon les outils attelés, comme le déchaumeur Lemken de 5 m utilisé à Sassy , il peut déchaumer, travailler le sol, semer ou broyer. "C'est comme un tracteur, mais sans la cabine", résume Jonatan Müller (AgXeed). Damien Cousin (Tecmat) souligne la souplesse de la machine dans les manœuvres.

"Ce n'est pas hyper compliqué à prendre en main", témoigne Vincent Barbot, président de la cuma de Sassy. Une apparente simplicité qui ne dispense toutefois pas d'une préparation rigoureuse : cartographie précise des parcelles, repérage des obstacles, paramétrage des trajectoires, supervision, entretien et transport. Autonomie ne veut donc pas dire absence d'humain, mais une autre répartition du travail.

Une autre organisation du travail

Pour Rodolphe Lormelet, président de la Fédération des cuma Normandie Ouest, le robot permet notamment "de profiter de conditions plus favorables en travaillant la nuit", un atout quand les fenêtres d'intervention se resserrent. Face aux difficultés de recrutement, il ne supprime pas le besoin de main-d'œuvre : il en change la nature, avec davantage de préparation, de programmation et de surveillance.

Des contraintes restent à anticiper : arpentage RTK des parcelles, entretien des bordures, transport par porte-engin, l'AgBot n'étant pas homologué pour la route.

Résultats encore à mesurer

Le coût d'acquisition dépasse celui d'un tracteur comparable, mais l'investissement doit s'apprécier au regard de l'utilisation, des performances et des charges. "Le nombre d'heures annuelles est central pour la rentabilisation", note Gauthier Savalle. L'impact sur les sols, masse limitée et chenilles devra aussi être évalué en conditions réelles : débit de chantier, consommation à l'hectare, temps de surveillance, logistique.

De la découverte à l'expérimentation

Cette démarche s'inscrit dans le COB Innov'action. Après des essais concluants en 2025 et 2026 dans la Manche avec un AgBot T2 de 156 ch (semoirs d'orge sur vingt hectares notamment), la version de 230 ch permet de poursuivre les observations.

Pour une cuma, l'enjeu n'est pas seulement technique : il faut déterminer qui prépare, qui planifie, qui supervise, comment déplacer la machine et répartir les coûts. Les expérimentations visent à "apporter des réponses à partir du terrain réel en cuma", ni promesse universelle, ni rejet, mais des éléments concrets pour éclairer les choix. Ces travaux s'inscrivent dans le projet Robots des Champs II, porté par les fédérations normandes avec la FRcuma Ouest, en lien avec Littoral Normand et Unilasalle, avec le soutien de la Région Normandie.