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Vendredi 09/10/2026
« Si je fabrique des cabanes de berger, c’est pour contribuer à redonner de la vie dans nos montagnes »
À Saint-Martin Valmeroux (Cantal), dans le pays de Salers, Hubert Joanny a diversifié son entreprise dans la construction de cabanes en bois, de nature à offrir aux bergers des conditions de vie dignes d’un métier juste vital pour l’élevage pastoral.
« Voyez ces planches en douglas, elles proviennent de la forêt du Lioran et elles vont repartir dans le Lioran ». Au Sommet de l’élevage, la cabane de berger en douglas conçue et fabriquée par Hubert Jouany et ses 21 salariés ne passe pas inaperçue, y compris auprès du « grand public ». « Des visiteurs s’y sont intéressés pour éventuellement l’installer sur un terrain, déclare Hubert Joanny. Une mairie envisage de passer commande pour remplacer les mobile-home de son camping ». On n’a pas vu les mobile-home en question mais on imagine le choc « avant / après ».
Mais l’objet numéro un de la cabane pastorale en général et de celle conçue par Hubert Joanny en particulier, c’est bien évidemment de constituer le lieu de vie des bergères et bergers durant 5 à 6 mois de l’année. C’est du reste ce qui a motivé l’entreprise, spécialisée depuis plus de 25 ans dans la menuiserie, la charpente et la couverture d’ouvrir une (petite) fenêtre sur ces constructions. « Je suis amoureux de la montagne et traverser une montagne et tomber sur une cabane de berger, une cabane avec de la vie, c’est quand même bien plus agréable que de tomber sur un buron démoli ».
Le chef d’entreprise met là le doigt sur un point sensible du pastoralisme, touchant aux conditions d’hébergement des bergers, qui font parfois office de repoussoir tant les conditions minimales d’hygiène et de confort sont indignes de ce métier juste essentiel à cette forme d’élevage. Ce dont se sont émus récemment des sénateurs dans un rapport-plaidoyer en faveur du pastoralisme.
C’est en 2023 qu’Hubert Joanny commence à tirer des plans, non pas sur la comète, mais sur sa planche à dessin, après avoir été sollicité par le Groupement pastoral ovin du Puy Mary (Cantal) et bien écouté les desideratas des éleveurs. Et c’est ce qui lui vaut aujourd’hui d’exposer l’une de ses cabanes au cœur de l’espace dévolu au pastoralisme au Sommet de l’élevage, dont la 35ème édition célèbre l’Année internationale des parcours et du pastoralisme.
En Auvergne Rhône-Alpes, l’investissement dans une cabane, dont le prix oscille entre 50.000 et 60.000 euros pour 20m2 (loi Carrez) et deux chambres (sans compter l’hélitreuillage éventuel de la cabane en kit), bénéficie d’un large subventionnement dans le cadre du Plan pastoral territorial.
Pour Hubert Joanny, au-delà de sa satisfaction personnelle et professionnelle, la cabane pastorale fait aussi l’objet d’une émulation particulière de la part des salariés de l’entreprise. Ces derniers vont du reste bientôt démonter la cabane aux planches de douglas pour aller la remonter du côté du Lioran. Entre les douglas.




