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Mercredi 25/03/2026
Pas de lune de miel pour les apiculteurs provençaux : les rendements en berne
L'été 2025 a été éprouvant pour les abeilles provençales. Sécheresse, chaleur précoce, floraisons écourtées : les apiculteurs de la région ont vécu une saison difficile avec des rendements en forte baisse et des colonies affaiblies. Aujourd’hui, la filière appelle à soutenir la production locale certifiée.
Malgré une production nationale globalement positive, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur accuse une forte baisse des rendements, notamment sur le miel de lavande. Le sud-est de la France a subi en juin une canicule pendant la pleine saison de la floraison. Les feuilles ont séché, les abeilles n’ont pas pu butiner. Sur le plateau de Valensole, dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, les précipitations ont chuté de 20 % en mai et 50 % en juin, avec des températures dépassant de 4°C la moyenne par rapport à la période de référence 1991-2020. Le mois de juin est devenu le mois le plus chaud jamais enregistré en PACA depuis 1947. Si l’année 2023 avait elle aussi connu une canicule en juillet, l’extrême chaleur n’avait pas eu de conséquences sur la récolte car la miellée était déjà quasiment terminée. Aujourd’hui, les apiculteurs doivent composer avec des canicules qui arrivent bien trop tôt.
Les colonies d’abeilles en ressortent épuisées, affaiblies par le stress thermique, le manque d'eau et la raréfaction des ressources. Face à ces difficultés s’ajoute le frelon à pattes jaunes — le frelon asiatique — a accentué les pertes en fin de saison.
Voir aussi : le miel, victime de l'accord UE-Ukraine ?
La lavande, symbole d'une filière sous pression
Pilier de l’apiculture provençale, la miellée de lavande a été particulièrement en difficulté en 2025. Elle représente plus de la moitié de la production apicole provençale. Le miel de Provence fait la fierté et la réputation des apiculteurs locaux, et ce, bien au-delà du sud de la France. Mais, en 2025, la miellée n'a duré qu'une dizaine de jours, contre plusieurs semaines les bonnes années. Une fenêtre si courte qu'elle laisse peu de marge pour reconstituer les stocks et préparer les colonies pour l’hiver. Les suivis de terrain montrent une baisse d’environ 30 % des populations de colonies en fin de miellée, d'après le syndicat de promotion des miels de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Depuis plusieurs années, les apiculteurs provençaux font face à une tendance de fond préoccupante : la répétition des épisodes climatiques extrêmes transforme ce qui était autrefois une mauvaise année en une nouvelle normalité.
Acheter local, c'est soutenir
La filière mise sur une meilleure valorisation de sa production en incitant le consommateur à choisir un miel estampillé IGP Miel de Provence ou le Label Rouge. « Un acte militant » clame les apiculteurs. Ces certifications protègent les 300 producteurs engagés dans la démarche des signes de qualité en Provence qui exploitent près de 150 000 ruches dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Elles offrent aussi une protection juridique face à la concurrence déloyale et aux fraudes, comme l’usage abusif de noms valorisant des produits importés, ou pis encore, des miels frelatés, dopés au glucose. Les consommateurs peuvent ainsi choisir sereinement des pots de qualité et soutenir les apiculteurs.
Le miel de Provence se trouve en grande distribution, dans les épiceries fines, sur les marchés ou directement chez les producteurs — 60 % de la distribution se fait d'ailleurs en vente directe. Une carte des apiculteurs locaux est disponible sur le site miels-de-provence.com.