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Mercredi 23/09/2026
« Il faut aller plus loin » : Arnaud Rousseau pointe les limites du plan CASI
Le plan Climat, Adaptation, Sécheresse, Incendies (CASI), doté de plus d’un milliard d’euros par le gouvernement, ne correspond pas encore à « l’attente du monde agricole », selon le président de la FNSEA. Arnaud Rousseau estime que la réponse doit être renforcée dans certains territoires et certaines productions et évoque notamment des solutions de financement pour les exploitations les plus fragilisées.
Début septembre, le gouvernement a annoncé un plan de plus d’un milliard d’euros pour répondre aux conséquences des épisodes climatiques de l’été. Pour Arnaud Rousseau, le problème ne tient pas à l’absence de mesures, mais à leur adéquation avec l’ampleur et la diversité des difficultés rencontrées par les exploitants. « On a reconnu qu'il y avait un mouvement de fait, mais qu'il ne correspondait pas à l'attente du monde agricole, qu'il n'allait pas assez loin et qu'il ne répondait pas au contour de la crise. » Le président de la FNSEA insiste notamment sur les écarts entre les situations selon les territoires et les productions. « On a redit qu'il fallait aller plus loin, dans un certain nombre de territoires, dans un certain nombre de productions », explique-t-il. Le plan gouvernemental prévoit notamment un fonds de réarmement agricole de 235 millions d’euros, destiné aux exploitations les plus touchées, pour financer notamment des aliments pour animaux, du fourrage, des semences, des plants et d’autres intrants. L’Indemnisation de solidarité nationale (ISN) devrait par ailleurs représenter 520 millions d’euros.
Des solutions de financement à court terme
Pour certaines exploitations, la difficulté se joue également sur la trésorerie et la capacité à financer les prochains mois. Arnaud Rousseau évoque ainsi des échanges autour du financement des prêts à court terme et différentes modalités d’accompagnement financier. « On a abordé avec le président du Crédit Agricole national (ndlr : Éric Vial) le sujet du financement des prêts court terme, parce qu'un certain nombre de partenaires financiers sont prêts à accompagner une bonification des taux, mais qu'on a besoin aussi, dans certains endroits, d'un prêt à taux zéro. » Le prêt à taux zéro ne constituerait toutefois qu'une réponse parmi d'autres. Certaines exploitations, explique le président de la FNSEA, ne sont déjà plus en mesure de contracter un emprunt supplémentaire et doivent pouvoir bénéficier d'un soutien direct. « Ça ne sera pas la réponse pour tout le monde, certains ne peuvent pas contracter de prêt supplémentaire et ils ont besoin de subvention en direct, mais pour certains ça peut être déjà un élément de réponse. »
Engrais et GNR : les dispositifs prolongés
Parallèlement aux mesures d’urgence, le gouvernement a également prolongé plusieurs dispositifs destinés à sécuriser la prochaine campagne. Le guichet exceptionnel d’aide à l’achat d’engrais azotés est maintenu jusqu’au 31 décembre 2026, pour un montant de 145 millions d’euros, dont 38 millions de crédits nationaux. Le soutien exceptionnel au GNR agricole est, lui, prolongé jusqu’en octobre 2026. Il reste fixé à 15 centimes par litre, pour un montant total de 106 millions d’euros.
De nouvelles décisions budgétaires attendues
Pour la FNSEA, le dispositif annoncé n’épuise donc pas les réponses à apporter. Les prochains arbitrages budgétaires seront déterminants pour compléter les mesures déjà annoncées, estime Arnaud Rousseau. « Ce qu'on attend aussi, c'est évidemment ce qu'il va se passer dans les prochains jours sur le plan budgétaire, parce qu'il va nous falloir aller plus loin. » Il rappelle que cette position est également portée par d’autres organisations syndicales : « Nous l'avons dit, d'autres syndicats l'ont dit, la réponse n'est pas suffisante à ce stade. »
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Le calendrier de mise en œuvre surveillé de près
Au-delà du montant annoncé, reste la question de la rapidité avec laquelle les dispositifs pourront effectivement bénéficier aux exploitations. Arnaud Rousseau évoque un rendez-vous avec le Premier ministre autour du 15 octobre, avec l’objectif de faire le point sur la mise en œuvre des premières annonces. « Et puis enfin, on attend que les choses se déclinent rapidement. C'est tout l'enjeu de ce rendez-vous que le Premier ministre nous a donné vers le 15 octobre, pour faire en sorte de s'assurer que le premier mouvement d'annonces est délivré dans les fermes. » Pour le président de la FNSEA, la traduction concrète des mesures sera donc un point essentiel dans les prochaines semaines : « Parce que vous savez, les agriculteurs, les annonces, parfois ils les questionnent et ce qu'ils attendent, c'est que ça puisse apporter des réponses au plus près de leurs problématiques et le plus rapidement possible. »