- Accueil
- Jaunisse de la betterave : « la dynamique s’intensifie » et réactive « le spectre » de 2020
Lundi 04/05/2026
Jaunisse de la betterave : « la dynamique s’intensifie » et réactive « le spectre » de 2020
L’ITB fait état d’une « dynamique » des populations de pucerons qui « s’intensifie depuis plusieurs jours » tandis que la CGB évoque le « spectre » de 2020 et appelle à réautoriser, « de façon ciblée », l’usage du flupyradifurone et de l’acétamipride.
« La dynamique des populations de pucerons en plaine betteravière s’intensifie depuis plusieurs jours, avec des situations très variables selon les régions. Les observations issues des réseaux de suivi confirment une progression rapide des infestations, nécessitant une vigilance accrue et des interventions raisonnées ». Telle est l’alerte lancée par l’ITB en date du 29 avril.
La situation est jugée « préoccupante » dans le Centre-Val de Loire, avec des vols de pucerons particulièrement importants. L’efficacité des solutions aphicides est jugée bonne mais avec une très faible rémanence dans plusieurs situations, et des déclenchements de T3 sont déjà nécessaires. « À cela s’ajoutent des difficultés d’approvisionnement en produits », signale l’ITB. Dans le secteur Somme/Oise, la pression continue d’augmenter. 4 % des parcelles suivies par l’ITB ont déjà reçu un second traitement. « L’efficacité des traitements à base de Teppeki est globalement jugée satisfaisante, mais des redéclenchements rapides sont signalés en raison des vols continus de pucerons ailés ».
Dans le Nord-Pas-de-Calais, où les premiers pucerons sont désormais observés sur la majorité des parcelles, une part importante des surfaces a déjà reçu un premier traitement. En Normandie comme en Champagne, l’ITB fait état d’une situation « hétérogène ». Enfin en Alsace, les pucerons commencent à apparaître et les premiers traitements sont en cours de déclenchement. « Globalement, la situation suscite des inquiétudes, notamment quant à la capacité de maîtriser les infestations malgré la succession de traitements », pointe l’ITB.
L’Institut technique recommande d’observer fréquemment les betteraves, de rechercher la présence de pucerons, souvent bien cachés dans les petites feuilles et de raisonner les interventions uniquement lorsque les seuils sont atteints, afin de préserver l’efficacité des solutions disponibles. Il invite également les betteraviers à consulter l’outil en ligne « alerte pucerons» qui permet d’affiner la prise de décision.
La CGB interpelle le gouvernement et les parlementaires
De son côté, la CGB évoque « une menace sanitaire comparable à celle de 2020 ». 2020, c’est l’année où la jaunisse a engendré une chute de 30% de la production de sucre, deux ans après le retrait des néonicotinoïdes. La loi 2020-1578 du 14 décembre 2020 les réintroduira à titre dérogatoire pour les campagnes 2022 et 2022, 2023 initialement prévue ayant été avortée après la décision de la Cour de justice de l’UE en janvier 2023.
L’infestation « à la fois précoce et quasi-généralisée » inquiète particulièrement la CGB. « Traiter des plantes plus petites qu’une pièce de 2 euros est une aberration économique et environnementale » déclare dans un communiqué son président Franck Sander. Et d’appeler le gouvernement et les parlementaires « à faire preuve de courage et de pragmatisme et à changer la loi française pour réautoriser, de façon ciblée, l’usage de flupyradifurone et d’acétamipride », deux substances auxquelles les betteraviers européens ont accès, à l’exception des Français, « en raison d’une loi franco-française ». Ce que le « Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles », annoncé le 8 avril dernier, pourrait corriger, au cas où il intégrerait, par voie d’amendement, la proposition de loi « Surrèglementation relative à l’utilisation de produits phytopharmaceutiques » dite Duplomb 2 et qui a reçu un blanc-seing du Conseil d’Etat.