Téléchargez la nouvelle application Pleinchamp !
Jeudi 22/10/2026

La bataille des pensions de retraite continue

Publié par L'union du Cantal

Pensions, fiscalité, dépendance et renouvellement des générations : les adhérents de la section des anciens de la FDSEA du Cantal ont dressé, à Ally, la liste de leurs priorités.

Réunis en assemblée générale à Ally, les adhérents de la Section départementale des anciens exploitants (SDAE) du Cantal ont fait le point sur leurs revendications nationales et les évolutions du système de retraite. La salle était pleine à Ally pour la première assemblée générale d’André Carsac en tant que président de la SDAE 15. Il a succédé à Georges Delmas à la tête de cette organisation qui rassemble 635 adhérents répartis sur 23 anciens cantons.
L’assemblée s’est déroulée en présence de la secrétaire générale nationale et de la présidente de la SDAE de la Gironde. Initialement invité, le député André Chassaigne, figure nationale de la défense des retraites agricoles, n’a finalement pas pu se libérer. L’ordre du jour a donc été remanié, avec
un éclairage particulier sur la transmission du patrimoine agricole après la retraite.

Étendre à tous la revalorisation

Le niveau des pensions reste au cœur des préoccupations. Depuis 2021, le minimum de retraite des chefs d’exploitation a été relevé de 75 à 85 % du Smic, soit, selon les chiffres présentés, 1 212,40 € par mois. Pour la SDAE et le réseau FNSEA, l’enjeu est désormais d’étendre cette revalorisation à toutes les carrières complètes, y compris celles des conjoints et des aides familiaux. La motion portée par les retraités agricoles réclame également une meilleure prise en compte des pensions de réversion, des mesures pour préserver le pouvoir d’achat et une évolution de la fiscalité. Parmi les demandes figurent le relèvement des seuils d’imposition à la CSG, à la CRDS et à la CASA, le rétablissement de la demi-part fiscale pour les veuves et les veufs ainsi qu’une baisse de la taxe sur les complémentaires santé agricoles.
Autre dossier suivi de près : la réforme du calcul des retraites de base des non-salariés agricoles. Depuis le 1er janvier 2026, le dispositif évolue vers une prise en compte des 25 meilleures années de revenus agricoles. La mise en œuvre est progressive, avec une phase hybride avant l’application définitive du
nouveau calcul en 2028, selon les explications de la MSA. Cette réforme doit mieux tenir compte de carrières agricoles souvent marquées par des revenus irréguliers.
Mais la défense des anciens exploitants ne se limite pas aux pensions. Elle engage aussi l’avenir des territoires et le renouvellement des générations. Valentin Delbos, président des Jeunes agriculteurs du Cantal, a appelé les retraités à faciliter l’installation des jeunes, notamment en privilégiant la location des terres plutôt que la vente. 

Actifs et retraités ensemble


“Vous préférez que votre coffre-fort soit plein ou que votre commune soit pleine ?”, a-t-il lancé, un rien provocateur, face à un public dont, la plupart, a déjà transmis. Mais il tenait à souligner les conséquences de l’agrandissement sur le recul démographique, sur la vitalité des commerces, des écoles et de la vie locale. Regrettant que les journées “Demain je transmets”, qui permettent de rencontrer les différents interlocuteurs concernés, connaissent moins de succès, Valentin Delbos a proposé de constituer des groupes de travail communs entre jeunes et anciens agriculteurs. Une façon d’anticiper les freins à la
transmission, alors que les méthodes de travail évoluent d’une génération à l’autre, ce qu’il juge tout à fait normal. Une proposition soutenue par André Carsac, président de la SDAE, et Christian Guy, son vice-président.
Dans la même veine, Mathieu Théron, président de la FDSEA du Cantal, a pour sa part rappelé que les retraités restaient pleinement concernés par la vie agricole. “On ne peut pas demander à ceux qui ont travaillé toute leur vie à nourrir la population et à entretenir les territoires de ne pas vivre
dignement”, a-t-il défendu, réaffirmant le soutien de la FDSEA aux revendications sur les pensions. Pour lui, “il n’y a pas deux agricultures, celle des actifs et celle des retraités, mais une seule histoire, fondée sur une solidarité qui doit fonctionner dans les deux sens”.
Marie-Line Bruel, représentante nationale récemment élue au bureau de la SNAE, a également abordé le cumul emploi-retraite, appelant à la vigilance sur ses conséquences. Ancienne infirmière devenue agricultrice puis jeune retraitée, elle a aussi insisté sur le vieillissement et la dépendance, alors que la loi sur le grand âge se fait toujours attendre. “Préserver notre autonomie avant d’être dépendant” : un objectif qui rejoint les demandes d’une meilleure couverture médicale et d’une reconnaissance accrue des aidants.
Pour André Carsac et son équipe, la défense des droits des retraités passe ainsi par une mobilisation collective, sans perdre de vue les générations qui prennent le relais. L’enjeu est aussi de ne pas laisser les anciens exploitants devenir les “invisibles de la société”.