Téléchargez la nouvelle application Pleinchamp !
Mardi 13/01/2026

La FNSEA poursuit sa mobilisation avec une démonstration de force dans Paris

Plus de 350 tracteurs ont pris position au cœur de Paris mardi 13 janvier, les agriculteurs en colère assurant qu'ils ne bougeraient pas tant que leurs demandes n'auraient pas été entendues par le gouvernement.

Venus des départements de grande couronne parisienne mais aussi des Hauts-de-France, les tracteurs de la FNSEA et des JA se sont installés sur plus d’un kilomètre le long de la Seine jusqu’à l'Assemblée nationale, où le Premier ministre Sébastien Lecornu a décidé de leur permettre de passer la journée, selon une source proche du dossier. Une démonstration de force, dans le calme. Certains sont équipés d'une remorque avec duvets et matelas. D'autres ont apporté du bois, « pour les braseros » s'il faut passer la nuit.

« La révolte paysanne redémarre aujourd'hui et nous resterons ici jusqu'à ce qu'on ait des réponses », a déclaré à ses troupes Damien Greffin, vice-président de la FNSEA et président de la Chambre d’agriculture d’Ile de France.

"Trop de manques..."

Malgré les réponses apportées par le gouvernement pendant le week-end, la colère ne faiblit pas. Dans un communiqué de presse publié le 9 janvier, la FNSEA reconnaît « les réponses positives » à ses demandes, notamment sur l’appui aux secteurs en crise (grandes cultures et viticulture), sur les moyens alloués aux plans Méditerranée, fruits et légumes ou protéines, ou sur le calendrier de parution des décrets d’application de la loi d’orientation et de la loi Duplomb.

Cependant, ce « paquet de mesures » de 300 millions d’euros est suspendu à l’adoption du budget 2026, qui est revenu en nouvelle lecture à l’Assemblée nationale à partir de mardi 13 janvier, sans perspective à ce stade de majorité pour le voter.

Mais la FNSEA attend davantage de réponses : « sur la prédation, les aides aux éleveurs dont les animaux sont bloqués par des mesures sanitaires ou encore les moyens de contrôle des importations ». Mais surtout, poursuit le syndicat dans son communiqué, « des pans entiers de mesures structurantes que la FNSEA a portées au cours de ces rendez-vous [avec le Premier ministre] sont totalement absents : Plans d’action nitrates, politique de l’eau, mesures fiscales pour redonner de la compétitivité… Trop de manques… »

Une file ininterrompue de tracteurs le long du Quai d'Orsay à Paris, le 13 janvier 2026 (©A.M.)

Multiplication des opérations

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a assuré sur TF1 que les annonces déjà faites aux agriculteurs ne valaient « pas solde de tout compte », citant notamment l'eau et l'adaptation au changement climatique, et que « le dialogue » continuait.

La semaine dernière, les contestataires de la Coordination rurale avaient eux aussi fait entrer leurs tracteurs venus de toute la France dans Paris, bravant des interdictions de convois de tracteurs et de manifestations non déclarées à proximité des lieux de pouvoir parisiens. Le lendemain, c’était au tour des tracteurs de la Confédération paysanne de bloquer le périphérique parisien au petit matin.

À quelques jours de la signature de l'accord UE-Mercosur, prévue samedi 17 janvier au Paraguay, les opérations se sont multipliées partout en France, notamment au péage de Fresnes-lès-Montauban (Pas-de-Calais) sur l'A1, ou au Havre. Sur l'A64 près de Toulouse, les manifestants ont accepté de lever le barrage.

« Il y a deux ans, on a retourné les panneaux en disant : « On marche sur la tête ». Aujourd'hui, on marche toujours à l'envers. La France est un peu plus affaiblie, l'Europe va signer l'accord avec le Mercosur et on attend toujours des mesures concrètes dans nos fermes », résume Luc Smessaert, agriculteur dans l'Oise et vice-président de la FNSEA.