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Vendredi 09/01/2026
UE-Mercosur : l’Union européenne valide l’accord de libre-échange
En dépit du « non » de la France, le Conseil de l’UE a donné un mandat à la présidente de la Commission européenne pour signer l’accord de libre-échange le 17 janvier au Paraguay. Les ultimes espoirs des agriculteurs, plus que jamais mobilisés, et qui manifesteront à Bruxelles le 20 janvier, résident dans le vote final du Parlement européen.
Malgré la colère des agriculteurs et l’opposition de la France, le Conseil de l’Union européenne a trouvé une majorité qualifiée pour approuver ce vendredi 9 janvier le projet de traité de libre-échange entre l’UE et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay). La présidente de la Commission européenne dispose donc du mandat pour parapher le traité, vraisemblablement ce lundi au Paraguay, le plus gros jamais signé par l’UE et qui concernera 700 millions de consommateurs de part et d’autre de l’océan.
A ceci près que le traité que le projet d’accord de libre-échange dessert largement les filières agricoles européenne et singulièrement française, à la compétitivité plombée par les distorsions de concurrence liées aux normes sanitaires, environnementales et sociales, avec néanmoins quelques contreparties au profit de produits laitiers et de boissons alcoolisées, mais plus substantiellement de produits manufacturés et de services.
Face à une situation mal embarquée, la France s’était résolue à négocier des garde-fous d’ordre commercial et sanitaire, à commencer par une clause de sauvegarde en cas de déstabilisations de marché en Europe, des mesures de réciprocité (mesures miroirs) en matière de pesticides, d’alimentation animale ou d’usage d’antibiotiques, le tout assorti d’un renforcement des contrôles.
« Trahison de la souveraineté agricole européenne »
Des avancées qu’Emmanuel Macron a qualifiées d’« incontestables », un jugement aux antipodes du ressenti des agriculteurs. Le projet d’accord UE-Mercosur cristalliset une colère déjà largement alimentée par la gestion de la DNC côté CR et Conf’, les entraves à la production côté FNSEA-JA, désespérant la publication de décrets inhérents à la LOA et à la loi Duplomb, portant notamment sur l’accès à l’eau, installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), aux côtés d’autres irritants tels que la prédation ou encore la Directive nitrates et son 7ème programme d'actions national et ses déclinaisons régionales. A propos du traité UE-Mercosur, la FNSEA évoque « la colère totale des paysans » et « une trahison de la souveraineté agricole européenne ».
En attendant le vote du Parlement européen
Aux côtés de leurs homologues européens du Copa-Cogeca, la FNSEA et les JA manifesteront le 20 octobre à Strasbourg, siège du Parlement européen qui détient potentiellement le destin de l’accord, son vote étant requis pour entériner l’entrée en application du traité. Les eurodéputés pourraient également saisir la Cour de justice de l’UE et contester la légalité de la procédure de « split » de la Commission européenne, isolant de la globalité de l’accord son volet commercial, dont l'exécutif européen a les prérogatives.