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Dimanche 10/05/2026
Pulvérisation par drone : une dérogation avant un décret sans portée ?
Le ministère de l’Agriculture a pris un arrêté pour autoriser la protection fongicide de vignes des Bouches-du-Rhône, du Gard et de l’Hérault jusqu’au 31 mai, dans l’attente du décret relatif à la loi du 25 avril 2025, mais dont l’objet exclut les situations d’impraticabilité des sols pour cause d’excès de pluie.
« C’était demandé et nécessaire. C’est désormais fait : face aux fortes précipitations qui menacent nos vignobles, j'ai pris un arrêté autorisant l’utilisation des drones pour le traitement des vignes dans l’Hérault, le Gard et les Bouches-du-Rhône jusqu’au 31 mai. Il s’agit de soutenir nos viticulteurs face aux aléas climatiques en leur permettant d’intervenir rapidement, efficacement et au plus près des besoins du terrain ». C’est ce qu’a posté la ministre de l’Agriculture Annie Genevard le 8 mai sur le réseau X.
Et de fait, l’arrêté du 9 mai publié au Journal officiel le 10 mai entérine la possibilité de pulvériser, jusqu’au 31 mai, une partie du vignoble de ces trois départements avec de la bouillie bordelaise RSR Disperss au moyen d’un drone, au motif que les pluies ont rendu inaccessible ou impraticable l’accès à certaines parcelles tout en risquant de favoriser le mildiou.
Le 23 mars dernier, et pour les mêmes motifs, une dérogation similaire et temporaire avait été arrêtée pour assurer la protection fongicide, à base du même produit, des vignes et des vergers des départements de l’Aude, du Gard, de l’Hérault et des Pyrénées-Orientales.
Les dérogations ont encore de belles averses devant elles
Depuis la loi du 23 avril 2025, la recours à des drones pulvérisateurs est théoriquement possible, mais pas encore juridiquement puisqu’un décret et un arrêté doivent parachever le processus législatif. Le décret et l’arrêté en question ont fait l’objet d’une consultation publique du 2 au 23 avril dernier, régissant pour le premier le cadre pour des usages à titre d’essai et pour le second les conditions à respecter (demande d’autorisation, spécificités du drone et des conditions de vol, distance de sécurité etc.) pour des applications sur des parcelles en production. Sauf qu’il s’agit exclusivement des bananeraies, des vignes-mères de porte-greffes et des parcelles présentant une pente égale ou supérieure à 20%, comme la loi le spécifie, et au moyen de produit de biocontrôle ou homologués en AB ou « à faible risque ». Les dérogations ont encore de beaux jours sinon de belles averses devant elles.