- Accueil
- Une aide exceptionnelle de 3 millions d’euros pour les producteurs de noisettes
Mardi 14/04/2026
Une aide exceptionnelle de 3 millions d’euros pour les producteurs de noisettes
Elle est destinée à compenser les pertes des récoltes 2024 et 2025, ravagées par les attaques de punaises diaboliques et de balanins. La future loi d’urgence agricole pourrait consacrer le retour de l’acétamipride.
« Face aux difficultés de la filière noisette, nous agissons. Les mauvaises récoltes de 2024 ont provoqué une chute brutale des rendements, mettant nos producteurs en grande difficulté économique. Face à cette situation exceptionnelle, j’annonce la mise en place d’une aide d’urgence de 3 M€ pour soutenir les exploitations les plus touchées. L’État est pleinement mobilisé pour accompagner la filière, protéger nos producteurs et préserver notre souveraineté alimentaire ». C’est ce qu’a déclaré la ministre de l’Agriculture Annie Genevard dans un message posté sur le réseau X le 13 avril.
Taux de spécialisation ≥ 25 %, perte d'EBE ≥ 20%
Le dispositif sera opéré par FranceAgriMer « dans les prochains jours » et ciblera les producteurs présentant un taux de spécialisation en noisettes d'au moins 25% et ayant subi une perte d'excédent brut d'exploitation (EBE) d'au moins 20 % par rapport à un EBE de référence. Des bonifications sont prévues pour les producteurs assurés contre les risques climatiques, ainsi que pour les adhérents à une organisation de producteurs. Enfin, une franchise est appliquée et permet d'articuler l'aide avec le dispositif d'indemnisation de solidarité nationale, et l'assurance multirisque climatique.
En 2024, la coopérative Unicoque (Lot-et-Garonne), principal opérateur français fédérant environ 350 producteurs cumulant 7000ha, avait subi un préjudice très important sous l’effet des attaques de punaises diaboliques et de balanins. Sur un potentiel de production de 13.000 tonnes de noisettes, seules 6500 tonnes avaient été récoltées, dont 30% s’étaient avérées non commercialisables. En 2025, la production était remontée à 7500 tonnes, très loin de l’équilibre économique, tant des producteurs que de la coopérative. En cause : la situation d’impasse phytosanitaire, authentifiée par l’INRAE, et consécutive au retrait de l’acétamipride, insecticide néonicotinoïde autorisé dans l’UE jusqu’en 2033.
En attendant la loi d’urgence agricole
En janvier dernier, le sénateur Laurent Duplomb (LR) et quatre de ses collègues issus de quatre partis distincts (Horizon, PS, Renaissance et UDI) ont déposé une proposition de loi (PPL) « visant à atténuer la surréglementation relative à l'utilisation de produits phytopharmaceutiques pénalisante au regard de la concurrence européenne afin d'éviter la disparition de certaines filières agricoles », dite PPL Duplomb 2.
Cette dernière compte trois articles (et trois décrets afférents) dérogeant à l’interdiction d’usage de l’acétamipride et de la flupyradifurone pour un an renouvelable deux fois (soit 3 ans maximum) pour la betterave sucrière (article 1), ainsi que pour les cerises, pommes et noisettes (article 3), sinon un an non renouvelable (article 2) en cas « d’impasse technique avérée consécutive à une indisponibilité nouvelle d’un produit phytopharmaceutique constituant une menace grave compromettant la production de betteraves sucrières ».
La PPL n’a pas été intégrée dans le Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, présenté par le gouvernement le 8 avril. Mais elle devrait néanmoins s’inviter dans les débats parlementaires par voie d’amendements, après que le Conseil d’état l’a jugé conforme à la Constitution.