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[Paroles de citoyens] Oui à la terre, malgré « Au nom de la terre »

Raphaël Lecocq

[Paroles de citoyens] Oui à la terre, malgré « Au nom de la terre »

Noé, 13 ans, s’est découvert une passion pour l’agriculture, au contact d’éleveurs de son village du Mâconnais. Avant de tirer ses parents au Salon, il les avait poussés voir « Au nom de la terre ». Sa motivation a alors vacillé... à peine plus longtemps que la durée du film.

« On est piqué » avouent Stéphanie et Cédric Montangerand, un couple originaire de La roche-Vineuse (Saône-et-Loire). Piqué au Salon de l’agriculture. La faute à Noé, leur fils âgé de 13 ans, qui a fait des pieds et des mains pour faire le voyage à Paris. « C’est la deuxième année consécutive que l’on vient », déclare la maman, assistante maternelle. « Cette année, on est bon pour rester deux jours », renchérit le papa, plombier-chauffagiste, dont le grand-père était marchand de machines agricoles. C’est évidemment de bon cœur que les parents accompagnent leur fils dans sa chevauchée parisienne. Question agriculture, ils ne partent pas totalement de zéro. « On habite au milieu des fermes », fait savoir Cédric. Ceci explique pour beaucoup le tropisme de Noé pour les élevages environnants.

Touché par « Au nom de la terre »

Depuis quelques années, Noé passe une partie de son temps libre dans les étables et dans les tracteurs. Sans pour autant négliger l’école. « J’ai eu 14,5 de moyenne au premier trimestre », assure le jeune collégien. « J’aime les tracteurs, j’aime les animaux, je veux être éleveur ». Un aveu que le jeune collégien concède un peu timidement, mais qui ne trahit aucune fébrilité quant à sa volonté de travailler plus tard dans l’agriculture. Des doutes, Noé en a eu cependant après avoir assisté à la projection du film « Au nom de la terre », qui dépeint le destin tragique d’un éleveur, submergé par les difficultés du métier. « Je ne savais pas que ça existait », concède Noé. « Le film a refroidi l’ardeur de notre fils », explique Stéphanie. « Mais très vite, la passion a repris le dessus ».

« Je n’ose pas le dire à mes copains »

Le film aura eu le mérite d’éclairer la conscience du potentiel éleveur en herbe. Après la troisième, Noé pourrait s’orienter vers une formation agricole, ce que les parents voient d’un très bon œil. « Le plus important, c’est de prendre du plaisir au travail, même s’il y a des difficultés, et même si la rémunération n’est pas toujours à la hauteur », défend Cédric.

Noé va cependant devoir passer un cap : celui d’avouer à ses copains sa passion pour l’agriculture, qu’il préfère taire, craignant les moqueries. Puisse cette petite escapade parisienne et cette petite exposition médiatique libérer le jeune Noé, qui a déjà prévu d’emmener ses parents à Cournon, au Sommet de l’élevage, en octobre prochain.

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Commentaires 5

JNO

Si nous voulons des agri demain il ne faudra pas se contenter des fils d'agri car il n'y en a plus beaucoup'; il ne faut pas hésiter a montrer nos fermes aux petits voisins qui se demandent bien d'ou vient le lait et tout ce que nous produisons

Pourquoi pas ?

Noé, tu es touché par un virus dont on ne peut se débarrasser ! Bien d'autres avant toi ont été atteints et ont fait leur bonheur dans ce métier difficile, Il donne une combativité particulière et beaucoup ne finissent pas comme dans le film ! Il reste encore, malgré tout, beaucoup de gens heureux à la campagne à condition de respecter les autres et de ne pas s'isoler. N'aie pas honte de tes choix, ça contribue au bonheur !

aze

il faut au contraire crier haut et fort que tu aime ce beau metier

Case IH

Je suis content que des jeunes, malgré la conjoncture économique difficile, s'intéresse à l'agriculture. C est bien

ALTOS229

JE SUIS AGRICULTEUR ET J AI CONNU DES DEFICULTEES MAIS AUJOURDHUI CA VA BEAUCOUP MIEUX GRACE A DES PERSONNES COMME NOE ET CES PARENTS

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