[Paroles de citoyens] "L’agribashing, c’est insupportable"

Consultant en informatique à Paris, Axel est bien au fait des débats agricoles et tout en bienveillance à l’égard des agriculteurs. Il prône une transition en douceur des systèmes agricoles et alimentaires, dénonçant la facilité des postures radicales.

États généraux de l'alimentation, Haute valeur environnementale, agribashing : tous ces sujets parlent à notre visiteur du jour, parisien depuis sa plus tendre enfance, consultant en informatique. Et pourtant, Axel n'a pas de connexion particulière ou partisane avec le monde agricole. Mais il n'est pas déconnecté. Et encore moins hors-sol. « Je ne connais pas l'agriculture », déclare-t-il, avec une modestie non feinte. « Mais j'aime la viticulture et le vin, c'est par ce biais que je suis sensible aux enjeux agricoles ».

"La radicalité, c'est trop facile"

On creuse. Les EGAlim ? « Mon sentiment, c'est que les distributeurs s'en sortent plutôt bien et que les États généraux de l'alimentation n'ont rien apporté aux agriculteurs. C'était un moyen de les endormir pour gagner du temps. Personnellement, je suis très sensible aux initiatives qui nous relient directement aux producteurs, comme la "Ruche qui dit oui" ou "C'est qui le patron". Mais je reconnais avoir les moyens de payer un peu plus cher mes produits alimentaires ».

L'agribashing, Axel a découvert le terme à travers des reportages à la télé. « C'est insupportable », tranche-t-il. « La radicalité, c'est trop facile et ce n'est pas la bonne réponse. La transition, ça prend du temps, aussi bien pour les producteurs car on touche aux systèmes économiques que pour les consommateurs car on touche à l'éducation. On a été bercé de mauvaises habitudes alimentaires avec des bilans carbone monstrueux parce que l'on n'était pas éduqué. Moi, je considère encore ne pas être éduqué. J'ai arrêté de manger des fraises en hiver il n'y a pas si longtemps ».  Mais notre amateur de vin ne s'interdit pas de déguster, de temps à autre, une bouteille en provenance de contrées lointaines, hautement titrée en carbone...

"Merci aux phytos pendant 40 ans"

Si Axel avoue un penchant pour la bio, pas de radicalité à cet endroit non plus. « La bio, ce n'est pas une réponse à tout », juge-t-il. « Balancer du cuivre dans la vigne, aujourd'hui, on considère que c'est une bonne réponse mais demain, on dira peut-être non ».

En matière de transition, Axel croit dans l'innovation et voit dans la certification Haute valeur environnementale (HVE) un bon compromis pour emmener le maximum de monde sur le chemin de la transition. « Pendant 40 ans, on a quand même été nourri grâce aux phytos ». Axel a dit « phytos » et pas « pesticides ». Tout un symbole.

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