[Paroles de citoyens] "Il faudrait 51 Pernaut pour défendre l’agriculture"

Emmanuelle et Sylvain estiment que les médias relaient la parole critique de gens qui n’y connaissent rien à l’agriculture. Eux sont bienheureux au milieu des fermes, dans l’Orne. Mais personne ne leur demande leur avis. Enfin presque.

L'agriculture et les médias, une histoire de vaches mais une histoire vache aussi. Une semaine d'agriloving à l'occasion du Salon de l'agriculture pour 51 semaines d'agribashing le reste de l'année, en caricaturant un peu. Mis à part, bien sûr, le journal télévisé de 13 heures de TF1 de Jean-Pierre Pernaut. Le journaliste a un faible pour les trains qui arrivent à l'heure, les maisons de retraite qui fabriquent des centenaires ou encore les agriculteurs qui gagnent au Loto.

« Il faudrait des Jean-Pierre Pernaut sur toutes les chaines », rigole Emmanuelle, employée, avant de juger sévèrement le traitement journalistique de l'agriculture. « Dans les micros-trottoirs, les gens sont de suite négatifs ». La faute aux journalistes qui sélectionnent les témoignages à charge ? « Non », répond Emmanuelle. « Les gens sont comme ça. Peut-être faudrait-il que les journalistes interrogent d'autres personnes que les gens de la ville. Nous on vit au milieu des fermes et on est très heureux. Tout cela est injuste pour les agriculteurs ».

"L'agriculteur moyen n'existe pas dans les médias"

La presse nationale et la télévision, c'est une chose. Mais la presse locale ? « L'agriculture n'est pas toujours défendue non plus », poursuit Emmanuelle. « Dans le journal local, c'est soit la bio, soit les malheurs de la profession. Il n'y a pas de juste milieu. L'agriculteur moyen n'existe pas dans les médias, il est trop moyen, il ne fait pas assez de bruit. Et pourtant il existe puisque nous-mêmes, on vit au milieu de telles fermes, qui s'en sortent à peu près, mais si 'elles s'inquiètent pour la reprise ».

Le couple et ses deux enfants sont bienheureux d'acheter de la viande dans l'une de ces fermes, tandis que leur potager leur fournit les légumes toutes l'année et les poules leurs œufs. L'un des deux enfants n'est pas insensible au milieu agricole. Mais ce n'est pas grâce à l'école. « Que ce soit en math, en anglais, en dessin, le sujet c'est la bio », déclare Emmanuelle. « Et au primaire, il n'y en a que pour la déforestation ». Au secours Jean-Pierre !

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