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Mercredi 29/07/2026

Ordonnance de destruction de bassines : les Irrigants de France et du Poitou-Charentes douchés mais pas coulés

Publié par Pleinchamp

Après la décision du tribunal administratif de Poitiers de détruire quatre réserves de substitution en Charente-Maritime, plusieurs associations d’irrigants dénoncent un « non-sens mortifère » pour l’agriculture, l’économie mais aussi les populations alors que les risques d’incendies s’intensifient.

« Nous apportons notre soutien plein et entier à l’ensemble des agriculteurs-irrigants et des structures qui portent un ouvrage de stockage d’eau pour nourrir leurs concitoyens. Tous font preuve d’un courage sans faille et continuent de porter leurs projets dans cette tempête de textes, d’études, d’arrêtés, d’injonctions et de menaces sur leur avenir, qui va à l’encontre même de leur volonté pour améliorer la situation ». Dans un communiqué, plusieurs associations d’irrigants, dont l’Association des irrigants de la Vienne, Aquanide Poitou-Charentes et Irrigants de France, dénoncent la décision du tribunal administratif de Poitiers qui, le 23 juillet, a ordonné la destruction, d’ici à trois ans, de quatre réserves de substitution, situées sur les communes de Cram-Chaban, La Laigne et La Grève-sur-Mignon en Charente-Maritime. Ces réserves avaient été constituées en 2010 à l’initiative de l'Association syndicale autorisée d'irrigation (ASAI) des Roches, qui a fait appel de la décision.

« L’ordonnance de destruction va imposer aux agriculteurs un préjudice et une charge financière considérables et hors normes qu'ils seront dans l'incapacité d'assumer en plus de leurs dettes d'investissement et dans un contexte agricole de crise sans précédent », affirment les associations, qui évoquent un « acharnement » et un « harcèlement », avec dans leur viseur l’association Nature Environnement 17, à l’origine de la procédure. « En 2010, lorsque ces projets de réserves de substitution se sont achevés, ils étaient pleinement conformes au cadre légal et réglementaire en vigueur, au point d’avoir été autorisés par l’État et financés à hauteur de 62,5 % par des fonds publics » affirment les irrigants.

Douchés mais pas coulés

La décision intervient au cœur d’un été marqué par des canicules à répétition, une sécheresse exceptionnelle et des incendies dévastateurs qui vont marquer au fer rouge l’année 2026, outrepassant les seuls enjeux agricoles. « Au-delà de leur rôle agricole, ces infrastructures constituent des points de ravitaillement stratégiques et vitaux pour les pompiers qui font face à de nombreux départs de feu. Détruire délibérément des réserves, alors que les pompiers appellent à plus de moyens, constituerait un crime pour nos territoires ». Les irrigants invoquent également la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, adoptée par le Parlement le 21 juillet, et qui prévoit notamment de doubler les capacités de stockage d’eau agricole d’ici à 2035. « L'agriculture nourrit les Français, s'adapte chaque jour, fait évoluer ses pratiques, diversifie ses assolements, réduit ses impacts et contribue à corriger les erreurs du passé. Pour réussir cette transition, elle a besoin d'outils d'adaptation. Les réserves de substitution en font partie. Les détruire serait une faute pour l'avenir de nos territoire », concluent les irrigants.