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Jeudi 08/10/2026

Jean Lassalle : « Agriculteurs, reprenez vos rêves. Parce que les rêves, ça permet de sortir du cauchemar »

Publié par Pleinchamp

Au Sommet de l’élevage, Jean Lassalle n’a toujours pas tranché sur une éventuelle candidature à la présidentielle de 2027. Face aux éleveurs, l’ancien député des Pyrénées-Atlantiques a surtout insisté sur la nécessité de redonner des marges de manœuvre aux exploitations, de faciliter la transmission et de mieux valoriser le travail familial pour redonner « l’envie de revenir vers un des plus anciens métiers du monde ».

Jean Lassalle sera-t-il candidat en 2027 ? « Je n’ai pas encore pris la décision. Je vais voir », répond l’ancien député des Pyrénées-Atlantiques au Sommet de l’élevage. En juillet 2026, le président de Résistons ! avait lancé une cagnotte pour financer une campagne et indiqué qu’il lui faudrait réunir 100 000 euros pour officialiser sa candidature. Il avait alors expliqué qu’il se déciderait à l’automne. S'il reste prudent, Jean Lassalle a un avis bien tranché sur l'agriculture : « c’est une période compliquée, dont l’avenir paraît sombre pour beaucoup d’éleveurs. » Et surtout pour la nouvelle génération : « Des jeunes qui se sentent déjà dépassés avant de commencer ». L'ancien berger dénonce également le poids des contraintes administratives et réglementaires. « Ils ont un paquet de dettes sur le paletot alors qu’ils n’ont même pas encore commencé à travailler. Ça leur coupe le sommeil d’entrée ! » Il regrette une agriculture qui, selon lui, « ne laisse pas de place à leur initiative, à leur intelligence et à leur amour de la terre et des bêtes. »

« Si j'étais président ... un Smic pour le conjoint » 

« J’attribuerai un salaire légal d’un Smic pour celui ou celle qui s’occuperait de la gestion dans le foyer et/ou de l’éducation des enfants », explique-t-il. L’idée n’est pas nouvelle dans son discours. Lors d’une rencontre avec des agriculteurs en Saône-et-Loire en 2024, il estimait alors qu’une femme d’éleveur travaillant à l’extérieur pour « 500 €/mois après la nounou et le diesel » pourrait plutôt bénéficier d’un Smic pour « être heureuse sur la ferme et avoir un équilibre familial. » Dans son programme de 2017, il prévoyait déjà de mieux rémunérer les personnes travaillant sur les exploitations, y compris les conjoints d'exploitants. « Sinon il faut aller chercher un salaire pas très élevé, avoir une voiture de plus, et chez nous ça coûte horriblement cher, et pour gagner trois francs six sous. » À l’inverse, un revenu versé directement au foyer permettrait, estime-t-il, de dégager du temps et de desserrer la pression : « on aurait eu plus de temps, on se parlerait davantage et on serait moins crispé. »

« Du papier et du papier »

Pour Jean Lassalle, cette mesure devrait aussi permettre de conserver davantage de souplesse dans les exploitations. Pour l'instant, la vie des agriculteurs est surtout rythmée par la bureaucratie, mais aussi les règles qui s’empilent autour des exploitations. « Ils ont affaire, et à l’Union européenne, et au Mercosur, et à ceci et à cela. Et puis alors, du papier, et du papier ! Enfin, ce n'est plus du papier maintenant. Maintenant, c’est Internet. Ils sont « sans arrêt sollicités ». Puis il lâche : « tout est programmé. »  

Retrouver des exploitations à taille humaine

Il défend aussi davantage d'exploitations « à taille humaine ». Pour défendre cette vision de l’agriculture, Jean Lassalle met en avant son propre parcours. « Je suis fils de berger, je l’ai été moi-même au tout début de ma vie. Je connais toutes les difficultés, ce que c’est de traire des heures et des heures, de faire le fromage », raconte-t-il. Une expérience qu’il oppose implicitement à une agriculture qu’il juge devenue trop administrative et trop éloignée du travail quotidien.

Voir aussi : Honoré, une ode à l’agriculture des anciens

La transmission au cœur de son discours

Jean Lassalle insiste enfin sur la transmission des exploitations, qu’il considère comme un élément essentiel de l’avenir de l’agriculture. « Quoi de plus beau que d’entendre un papi agriculteur raconter un peu sa vie, de tout ce qu’il a vécu et de tout ce qu’il a porté. » Une continuité familiale des exploitations qui est aujourd'hui loin d'être évidente. Une question qui passe aussi, selon lui, par la formation. « C’est pour ça qu’il faut beaucoup travailler aussi à nouveau sur l’enseignement agricole. Les lycées agricoles ont rendu un très grand service. Je ne sais pas aujourd’hui s’ils sont suffisamment valorisés et suffisamment connus. » 

« Redonner l’envie de revenir vers un des plus anciens métiers du monde »

Son message aux jeunes qui veulent malgré tout se lancer tient en quelques mots : « Gardez confiance, faites-vous entendre, et puis reprenez vos rêves. Parce que les rêves, ça permet de sortir du cauchemar. Il y en a quelques-uns qui se réalisent. » Pour Jean Lassalle, l’enjeu est donc de redonner aux jeunes « l’envie de revenir vers un des plus anciens métiers du monde ».