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Mercredi 30/09/2026

Miel : l’UNAF estime la production 2026 entre 18.000 et 20 000 tonnes

Publié par Pleinchamp

A la veille de l’ouverture du Congrès européen de l’apiculture, à Agen (Lot-et-Garonne), le bilan 2026 est marqué par la succession d’épisodes caniculaires, qui a largement entamé le potentiel escompté en début de saison et qui pourrait se faire ressentir jusqu’à l’année prochaine, l’UNAF redoutant de « graves mortalités » à la sortie de l’hiver prochain.

« Plus que jamais, le bouleversement climatique est un facteur de stress pour les abeilles comme pour les apiculteurs. Il rend les récoltes imprévisibles et de plus en plus capricieuses ». Tel est le constat dressé par l'Union nationale de l’apiculture française (UNAF) dans un communiqué publié mercredi. Sur la base d’éléments fournis par les syndicats départementaux, croisés avec ceux des négociants conditionneurs, l’UNAF estime entre 18.000 et 20 000 tonnes la production française de miel en 2026, une estimation que l’organisation professionnelle, qui représente plus de 20.000 professionnels, pluriactifs, petits producteurs et amateurs, estime « cohérente et pertinente » en dépit des contestations récurrentes dont ses estimations font régulièrement l’objet, notamment de la part de l’interprofession

Sans surprise, ce niveau de production perpétue le déficit structurel de la « ruche France », la consommation nationale s’établissant bon an mal an à 40.000 tonnes, faisant le lit des importations, parfois douteuses, voire frauduleuses. « Les nouvelles dispositions règlementaires sur l’étiquetage que nous avions exigé avec Que choisir, aujourd’hui promulgués en France et en Europe, devraient cependant permettre de rassurer les consommateurs », se réjouir l’UNAF, en référence à l’obligation, entrée en vigueur en juin dernier, d’afficher sur les pots de miel de mélange, conditionnés en France ou non, l'ensemble des pays d’origine, par ordre décroissant de poids, avec le pourcentage précis que chacun représente dans le pot et une marge d'erreur de 5%.

Des situations contrastées, un appel à l’aide

Le millésime 2026 se présentait pourtant sous les meilleurs auspices, à la faveur d’une hiver doux et humide, , offrant à la végétation des conditions optimales de redémarrage, des colonies d’abeilles ayant repris leur activité, parfois dès la fin janvier.

Las, la sécheresse sans précédent et sans fin a douché les espoirs à compter du mois de mai. Selon l’UNAF quelques régions et/ou espèces ont été en partie préservées, telles que le colza dans l’Ouest et le Sud-ouest, l’acacia dans le Sud-Ouest, le miel de montagne, de miel polyfloral ou de tilleul dans de nombreux secteurs comme en Bretagne, en Limousin, en Auvergne, dans l’Est ou dans le Nord.

Selon l’UNAF, dans les zones de luzerne ou de sainfoin les apiculteurs ont pu effectuer quelquefois des récoltes correctes. A l’inverse, Les productions de miel de tournesol, de sapin, de forêt et de bruyère callune ont été faibles voire parfois inexistantes. « Les apiculteurs, encore une fois sinistrés cette année, doivent pouvoir bénéficier d’aides publiques pour empêcher la faillite d’exploitations apicoles fragilisées », estime l’UNAF qui redoute « de graves mortalités à la sortie de l’hiver », sous l’effet de « la sécheresse persistante jusqu'à la fin septembre qui a entraîné un blocage de ponte et de la prédation du frelon asiatique ».

Un sujet parmi tant d’autres au programme du Congrès européen de l’apiculture, qui se tient à Agen (Lot-et-Garonne) du 1er au 4 octobre, co-organisé par l’UNAF et l’Abeille Gasconne.