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Mercredi 07/01/2026
5 pesticides interdits dans l’UE, désormais proscrits d’entrée en France via une trentaine de denrées
L’arrêté du 5 janvier interdit l’importation et la mise sur le marché de denrées alimentaires contenant des résidus quantifiables de bénomyl, carbendazime, mancozèbe, glufosinate et thiophanate-méthyl dans des fruits et légumes, pommes de terre et céréales.
Le Premier ministre en avait fait l’annonce dimanche. Le Journal officiel du 6 janvier et son arrêté du 5 janvier la consacre : l'importation, l'introduction et la mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux des denrées alimentaires contenant des résidus quantifiables de substances actives dangereuses, à savoir le bénomyl, la carbendazime, le mancozèbe, le glufosinate et le thiophanate-méthyl sont suspendues. L’interdiction s’applique à une trentaine de denrées alimentaires, à savoir des fruits (abricots, cerises, citrons, clémentines, fraises, melons, oranges, pêches, pommes, raisin de table et de cuve…), des légumes (aubergines, haricots, laitues, poivrons, tomates), des céréales (avoine, blé, orge, seigle) et aux pommes de terre.
L’arrêté précise que la présente interdiction prendra fin « dès l'entrée en application de mesures appropriées par la Commission européenne » ou à défaut un an après son entrée en vigueur. La France attend en effet de l’UE qu’elle abaisse les Limites maximales de résidus (LMR) de ces substances au niveau des limites quantifiables. « Je veux affirmer ici que nos efforts diplomatiques doivent payer en vue de l’obtention de l’abaissement des limites maximales de résidus à zéro quand une substance est interdite sur le sol européen, avait plaidé Annie Genevard le 8 décembre, à Rungis, à l’occasion du « Grand réveil alimentaire ». Cela permettrait d’empêcher tout produit chassé du sol européen par la porte règlementaire de revenir par la fenêtre des importations ».
La décision française doit encore être entérinée par la Commission européenne, qui a 10 jours pour se prononcer. Outre la publication de l’arrêté, le gouvernement a annoncé que des « contrôles renforcés » seraient réalisés par une brigade spécialisée pour « garantir le respect de nos normes sanitaires ».
L’ANPP sur sa faim
L’Association nationale pommes poires (ANPP) a relativisé la portée de la mesure, rappelant que sur les 135.000 t de pommes importées en France entre août 2024 et juillet 2025, moins de 18.000 t venaient d’Amérique du Sud, contre 105.000 t de l’UE. « La réponse apportée manque donc sa cible car les vraies distorsions de concurrence sont bien intra-européennes et demeurent pleinement malgré cette annonce » dénonce l’association. L’ANPP réclame la levée de « verrous réglementaires pénalisants » et demande notamment à disposer des mêmes solutions de protection des cultures que les autres pays européens, de supprimer les surtranspositions franco-françaises, d’autoriser en agriculture le recours à l’ozone, déjà utilisée pour potabiliser l’eau, d’autoriser de nouvelles techniques d’application des produits phytos telles que PulVéFix et la micro-injection dans les arbres et enfin de sécuriser les programmes opérationnels.