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Mardi 06/10/2026

Budget 2027 de l’agriculture : un PLF en mode PLS

Publié par Pleinchamp

Sur une ligne de crête budgétaire, le gouvernement est rattrapé par ses engagements portés par la loi d’orientation agricole de mars 2025 et par la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles d’août 2026. Sans oublier la sécheresse et le futur Plan national de production et de transformation à horizon 2035 émanant des Conférences de la souveraineté alimentaire.

C’est un moment de vérité et lourd de crédibilité vis-à-vis du monde agricole que le gouvernement s’apprête à vivre dans les mois à venir avec le Projet de loi de finances (PLF) 2027. Et c’est peu dire qu’il ne l’aborde pas dans les meilleures conditions de sérénité budgétaire, alors même que la nation est percutée par une sécheresse sans précèdent et sans fin et dont la sinistralité est loin d’avoir été circonscrite.

« Dans un contexte budgétaire exigeant, le ministère de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire finance les priorités agricoles, les réponses aux urgences et garantit la mise en œuvre des lois agricoles adoptées depuis 2025 », tente de rassurer le ministère après la présentation, le 2 octobre dernier, du PLF 2027 qui sera soumis au vote du Parlement dans les mois à venir.

Les lois en question, c’est d’une part la loi d'orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture (LOSARGA), promulguée en mars 2025, qui vise notamment à favoriser l’installation-transmission et à améliorer,  simplifier et sécuriser les conditions d’exercice du métier, dans le but ultime de reconquérir la souveraineté alimentaire. « France Services agriculture, guichet unique consacré à l’installation et à la transmission, ouvrira comme prévu le 1er janvier 2027 », indique le ministère.

C’est d’autre part la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricole (UPSA), promulguée en août dernier, et qui vise à lever un certain nombre de verrous en matière de moyens de production (eau, phytos, bâtiments d’élevage, prédation…) et à protéger la production hexagonale dans la chaine de valeur et face à la concurrence déloyale. La loi est notamment porteuse des Projets d’avenir agricole, présentés comme les l’outil de reconquête de notre souveraineté alimentaire face au dérèglement climatique et au défi démographique, et que portent les JA depuis plusieurs années.

Après le plan de « réarmement », un plan de « rebond » sans fonds ?

Le projet de loi de finances pour 2027 dote la mission « Agriculture et Alimentation » de 4 Md€, auxquels s’ajoutent 2 Md€ de crédits dédiés à l'enseignement agricole et à l'enseignement supérieur. En y ajoutant les 9,4 Md€ de la Pac ainsi que les 9 Md€ de dispositifs sociaux et fiscaux, ce sont près de 25 Md€ qui seront consacrés en 2027 à l’agriculture et à l’alimentation. Sans compter le plan « Canicule - adaptation - sécheresse – incendies » de plus de 1 Md€, qualifié de plan de « réarmement » lors de sa présentation le 4 septembre dernier.

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard avait alors évoqué un plan de « rebond », correspondant au futur Plan national de production et de transformation à horizon 2035 émanant des Conférences de la souveraineté alimentaire mais sa matérialité budgétaire peine à émerger dans le PLF 2027. Quant aux projets d’avenir agricole, le soutien prendrait la forme d’un « suramortissement » des investissements dédiés. « Le budget de l’État de 2027 est essentiel pour les agriculteurs et je souhaite que toutes les sensibilités politiques le votent pour soutenir notre agriculture, qui est actuellement à un tournant majeur si l’on souhaite concrétiser la souveraineté alimentaire et répondre à tous les défis économiques, sociaux et environnementaux », a imploré Annie Genevard.