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Vendredi 19/12/2025

DNC : la zone vaccinale étendue à l’Hérault et au Tarn, les mobilisations anti-abattage toujours actives

Le cordon sanitaire érigé le 12 décembre le long de la chaine des Pyrénées intègre deux départements supplémentaires. Les mobilisations contre l’abattage total des foyers restent très fortes sur de nombreux axes routiers. Aucun nouveau foyer n’est à déplorer depuis le 14 décembre.

Ce vendredi 19 décembre entre en vigueur un arrêté plaçant les départements de l’Hérault et au Tarn en zone vaccinale, rendant obligatoire la vaccination de tous les bovins contre la DNC. L’Hérault et le Tarn rejoignent ainsi l’Aude, le Gers, la Haute-Garonne, les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, soumis à la vaccination obligatoire depuis le 12 décembre, en réaction à l’irruption d’un foyer dans l’Ariège et d’un autre dans les Hautes-Pyrénées, à plus de 100 km des zones réglementées les plus proches, suggérant des mouvements illicites d’animaux des zones règlementées vers les zones indemnes.

Outre l’obligation de vacciner, le placement en zone vaccinale a pour effet de restreindre drastiquement les mouvements de bovins en dehors de la zone. Ainsi, les mouvements de bovins valablement vaccinés depuis une zone vaccinale vers la zone indemne en France sont possibles sous les conditions suivantes : bovins vaccinés depuis plus de 28 jours, élevage de départ avec un taux de couverture vaccinale suffisant depuis plus de 28 jours, examen clinique du vétérinaire sanitaire favorable 48 heures avant départ, délivrance d’un laissez-passer de la DDPP.

« Cellule de dialogue scientifique »

L’abattage des 208 bêtes du foyer ariégeois a déclenché, le 11 décembre, une vague de mobilisations dans le Sud-Ouest et au-delà, à l’appel de la CR et de la Conf’, se manifestant par des blogages routiers et la perturbation du trafic ferroviaire en Occitanie et qui, une semaine plus tard, restent très actives. Jeudi, le ministère de l’Intérieur dénombrait 110 actions en cours mobilisant 5000 personnes. Le gouvernement a fait savoir ce vendredi qu’il « ne tolérera plus de nouveaux blocages », tout en indiquant que les forces de l’ordre agiraient « avec discernement ». La perspective de la ratification de l’accord UE-Mercosur, finalement repoussée à janvier, l’instauration imminente d’une taxe carbone, potentiellement allégée, et la perspective d’une amputation de 20% du budget de la future Pac constituant autant de carburants à la colère et ralliant in fine tous les syndicats.

En ce qui concerne la gestion de crise, outre l’infléchissement de la stratégie avec la mise en place de la vaccination préventive et du cordon vaccinal, le ministère de l’Agriculture a également mis en place une « cellule de dialogue scientifique » destinée à étudier des protocoles sanitaires alternatifs à l’abattage total, dont celui proposé par 10 organisations agricoles dans l’Ariège, représentant tous les syndicats. Il repose notamment l’abattage systématique des animaux PCR positifs issus d’une suspicion, la surveillance PCR hebdomadaire des animaux appartenant à la même unité épidémiologique, la surveillance vétérinaire renforcée pour les autres unités épidémiologiques du cheptel, la lutte intensifiée contre les vecteurs etc. Après une première réunion le 17 décembre, la cellule se réunira de nouveau le 22 décembre. « Le consensus scientifique, et l’esprit de dialogue : ce sont les deux piliers de la stratégie sanitaire sur le sujet de la DNC », a dit la ministre de l’Agriculture Annie Genevard.

En date du 19 décembre, 113 foyers ont été détectés et environ 3400 animaux abattus.