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Mardi 23/06/2026

La FNAB repart à la charge sur les reliquats d’aides bio

Publié par Pleinchamp

A la faveur du Plan d’action sur les engrais décrété par l’UE, ménageant des assouplissements de la Pac, la FNAB demande une revalorisation de l’écorégime bio à 145€/ha, arguant notamment que son modèle est par essence non dépendant des engrais azotés.

« La France peut ainsi revoir sa décision de ne réaffecter que 10% du milliard d’euros de reliquats d’aide à la conversion bio vers le seul outil de la Pac finançant le maintien en bio, à savoir l’écorégime bio ». C’est ce que plaide la FNAB dans un communiqué daté du 22 juin, s’appuyant sur une proposition de règlement de la Commission européenne, consécutive à la guerre au Moyen-Orient et à la flambée du prix des engrais azotés. « Afin d’accorder aux États membres davantage de flexibilité pour faire face aux conséquences des prix élevés des engrais, ceux-ci seront également autorisés à ajuster leurs dotations destinées aux paiements directs pour l’année civile 2027 et à apporter les modifications nécessaires à leurs plans stratégiques relevant de la Pac pour s’adapter à la situation ».

Pour la FNAB, l’occasion est trop belle pour inciter Paris à revoir son Plan stratégique national, même si la proposition de règlement en question est censée servir les agriculteurs « les plus touchés, selon des critères objectifs et non discriminatoires ».

"L’Europe peut compter sur la bio pour sortir de la dépendance aux engrais"

Sauf que « l’Europe peut compter sur la bio pour sortir de la dépendance aux engrais, en s’appuyant sur l’agronomie : rotations plus longues, cultures associées, utilisation des effluents d’élevage, introduction de légumineuses… ». Ce qui vaut bien, selon la FNAB, un petit coup de pouce, prenant la forme d’une revalorisation de l’écorégime bio à 145€/ha, « le seul outil de la Pac finançant le maintien en bio ».

Pour la campagne 2025, le montant de l’écorégime bio s’était établi à 92,05€/ha, contre 45,46€/ha pour le niveau de base et 62,05€/ha pour le niveau supérieur. La FNAB désespère toujours la résurrection, sinon un succédané, de l’aide au maintien qui équivalait à environ 200€/ha dans la Pac 2015-2022, paiement vert compris.

Les PSE plutôt que les MAEC

Avec tous les indicateurs dans le rouge – surfaces, producteurs, production – à l’exception de la consommation repartie à la hausse en 2025, les reliquats d’aide à la conversion pointent à 400 millions d’euros sur les trois premières années de la programmation Pac selon la FNAB, celle-ci anticipant une manne d’un milliard d’euros é échéance. « Le gouvernement a joué le jeu sur la relance de la consommation en mettant un peu d’argent sur la communication, rappelle Loïc Madeline, co-président de la FNAB. Maintenant que la consommation repart légèrement, l’urgence c’est d'avoir des fermes en capacité de répondre à la demande, pour éviter de recourir aux importations ».

En mai dernier, le ministère de l’Agriculture avait annoncé la réallocation de 40 millions d’euros sous forme de MAEC, ciblant les zones intermédiaires et par ricochet les producteurs en AB. Un choix contesté par la FNAB, redoutant « un nombre limité » de fermes bio bénéficiaires, la FNAB leur préférant des Paiements pour services environnementaux (PSE), à la main des collectivités.

L’officialisation du changement de règlement de la Pac reste encore suspendue au votre du Parlement européen, prévu entre le 6 et le 9 juillet.