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Mardi 28/04/2026
Pour la FNAB, les 150 M€ de reliquats d’aides bio doivent aller à la bio
La FNAB demande l’ouverture des MAEC Systèmes à l’ensemble du territoire et la priorisation des projets bio dans les aides aux investissements. La Confédération paysanne est sur la même ligne, en attendant le retour de l’aide au maintien dans la prochaine Pac.
Pour rappel, les objectifs que s’est fixée la France, dans son Plan stratégique national 2023-2027, et plus récemment dans sa Loi d’orientation agricole de mars 2025, sont respectivement de 18% de SAU bio en 2027 et 21% en 2030. La réalité est tout autre. En 2024, l’agriculture biologique représentait 10,1% de la SAU (et 14,9% des exploitations, 16% des emplois agricoles et 5,7% des ventes de produits alimentaires). Des chiffres peu ou prou équivalents à ceux de 2022 et de 2023. Résultats : l’aide à la conversion, budgétée à hauteur de 1,6 milliard d’euros sur la programmation Pac 2023-2027,est loin d’être consommée. Après les 257 millions d’euros des exercices 2023 et 2024, le reliquat pour l’année 2025 s’élève à 150 millions d’euros selon la FNAB, qui « appelle les régions et l’Etat à corriger le tir et à flécher les reliquats 2025 vers les fermes installées en agriculture biologique ».
Sur les 257M€ en question, l’AB avait capté 108M€ via une revalorisation de l’écorégime à 110€/ha et la création d’un programme opérationnel lait bio. Le solde avait été alloué, pour les campagnes 2026 et 2027, aux aides à l’installation (55M€), aux aides à l’investissement (34M€), aux MAEC (33M€), au paiement (20M€) redistributif, à la filière ovine (15M€) et à l’aide couplée blé dur (15,2M€).
Face à l’impossibilité de d’abonder de nouveau l’écorégime bio, la FNAB demande le dézonage pour les bios des MAEC Systèmes herbagers, Réduction des pesticides et Gestion de la fertilisation ainsi que la priorisation des projets bio dans les aides aux investissements.
Pour la Conf', les MAEC...
La Confédération est sur le même longueur d’ondes. « Il est essentiel que ces fonds soient utilisés pour ouvrir les MAEC systèmes sur l’ensemble du territoire, et non simplement pour compenser le manque de financement actuel, écrivait le syndicat dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre le 14 avril dernier. Une large part du territoire français est exclue de cet outil pourtant fondamental pour accompagner la transition agroécologique. Il est donc urgent de garantir que ces mesures soient accessibles à une plus grande proportion d'agriculteur·rices, dont celles et ceux engagés en agriculture biologique ».
La Conf’ prête au gouvernement l’intention d’allouer le reliquat au financement de l’assurance récolte. « Ce type de subventions aux primes d'assurance couvre trop peu de paysans, ne bénéficie pas nécessairement aux fermes biologiques et favorise le glissement vers un système assurantiel privé, au détriment du financement par des fonds public d'un système fondé sur la mutualisation des risques et la solidarité nationale, qui permettrait de couvrir de manière égalitaire et universelle les paysans face aux aléas climatiques » argumente la Conf’.
... en attendant le retour de l’aide au maintien
Pour la Pac post-2027, la Conf’ appelle à mettre en place un soutien à l’agriculture biologique du type de la MAB, l’aide au maintien bio. « La MAB est particulièrement pertinente car le montant est différencié et adapté au type de culture et plafonné, ce qui permet une meilleure répartition de cette aide. La réintroduction d’une telle aide au maintien de l’agriculture biologique, sera aussi un signal fort pour que de nouveaux paysans et paysannes et de nouvelles surfaces, en lien avec l'objectif français annoncé dans la SNANC, la préservation de l'eau, etc.) s'engagent en conversion bio à court et moyen terme. Cela permettra aussi d'amoindrir les phénomènes de concurrence entre régions et États et améliorera la compétitivité des producteurs et productrices bio français ».