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Vendredi 09/01/2026

SIA’PRO, le salon du décryptage, du partage et des solutions

À Paris, en marge du Salon de l’Agriculture, le SIA’PRO s’est imposé depuis trois ans comme un espace à part. Un salon pensé pour les agriculteurs, où l’on vient moins pour regarder que pour comprendre, échanger et repartir avec des pistes concrètes. En 2026, l’événement franchit une nouvelle étape avec le lancement d’un Observatoire des tendances agricoles.

Cette édition du SIA s’inscrit dans un contexte particulièrement sensible pour l’élevage français. La dermatose nodulaire contagieuse, maladie animale hautement préoccupante, pèse lourdement sur les filières et alimente de nombreuses incertitudes chez les éleveurs. Un contexte qui questionne le déroulement du Salon international de l’Agriculture, mais qui ne remet pas en cause la tenue ni la fréquentation du SIA’PRO, salon professionnel à part entière.

Un salon professionnel à part, préservé du contexte sanitaire

Pensé comme un véritable espace dédié aux professionnels. Il n’est ni le lieu du grand public, ni d’exposition, ni de présentation d'engins agricoles. “Malgré la Dermatose nodulaire contagieuse qui impacte considérablement le monde de l’élevage”, le SIA’PRO est un espace d’échange et de rencontre. “L’idée, c’est d’aider les agriculteurs dans leur quotidien, dans leurs choix, dans leurs projets", résume Céline Gstalder, directrice de l’événement. “Il y aura peu d’impact sur la potentille baisse de fréquentation - si les bovins ne seront pas présents - de ce salon contrairement au SIA”, explique Céline Gstalder. Elle rappelle que pour l’instant, il n’y a pas eu de décision décisive de la part du CENECA.

Un nouvel outil pour accompagner les agriculteurs

Dans la perspective d’aller plus loin pour le développement du SIA’PRO, le Salon a innové en créant un Observatoire destiné à décrypter les évolutions à l’œuvre dans le monde agricole. “On s’est demandé ce qu’on pouvait apporter en plus de l’offre des exposants et des conférences qui fonctionnaient déjà très bien". Pensé comme un outil de référence, cet Observatoire dresse un panorama de douze thématiques majeures, de la diversification des revenus à l’élevage connecté, en passant par les nouvelles cultures, le financement des exploitations ou encore les énergies renouvelables. "On ne voulait pas faire une liste de tendances de plus. On a travaillé avec des experts pour sélectionner des sujets qui parlent vraiment aux agriculteurs, et sur lesquels ils n’ont pas toujours toutes les réponses", précise-t-elle.
Le travail a démarré plusieurs mois en amont, avec un comité réunissant consultants, spécialistes et acteurs du terrain. "Il fallait à la fois des analyses solides et des exemples concrets, des gens chez qui ça a marché, mais aussi parfois chez qui ça a été plus compliqué", souligne-t-elle. L’Observatoire ne se limite pas au salon : il a vocation à vivre avant, pendant et après l’événement, comme un outil d’aide à la réflexion.

Voir aussi : SIA’PRO 2026, le rendez-vous des pros agricoles change de dimension

Un intérêt croissant des agriculteurs pour le SIA’Pro

Cette année, le SIA’PRO change d’emplacement, conséquence directe des travaux engagés au parc des expositions. Un changement contraint, mais loin d’être subi. "C’est un mal pour un bien", sourit Céline Gstalder. Le salon investira le hall 5.2, un espace clairement identifié comme professionnel, où se concentrent déjà institutions, interprofessions, banques et assurances. "Être au cœur de cet écosystème, c’est cohérent avec ce que l’on propose aux agriculteurs."
Côté fréquentation, le SIA’PRO entend monter en puissance sans renier son format. Après environ 6 000 visiteurs professionnels en 2025, l’objectif est d’en accueillir près de 9 000 en 2026. Même logique pour les exposants : "on ne cherche pas la démesure. On veut garder des stands à taille humaine, favoriser les échanges et rester dans quelque chose de convivial", précise la directrice.
Ce fil conducteur se retrouve aussi dans le programme de conférences. Une trentaine de rendez-vous sont prévus sur trois jours, avec une priorité donnée aux retours d’expérience et aux témoignages. "On parle peu de théorie. Ce sont des conférences très concrètes, orientées solutions, rentabilité, organisation du travail", explique Céline Gstalder.

Le Café des agris, la discussion au cœur du salon

Et quand la conférence se termine, la discussion continue. Le Café des agris, reconduit après le succès de 2025, joue pleinement ce rôle. "En conférence, certains n’osent pas prendre la parole. Autour d’un café, c’est différent. Les échanges sont plus libres, plus directs", observe-t-elle. Les agriculteurs peuvent même prendre la parole pour partager leurs expériences réussies mais aussi celles qui n’ont pas marché. Une façon assumée de remettre la discussion entre pairs au cœur du salon.

Le SIA'PRO un salon de réflexion

Le SIA’PRO ne cherche pas à devenir dans les prochaines années un grand salon technique ou de machinisme agricole. Il assume au contraire sa complémentarité. "On ne vient pas ici pour acheter un tracteur. On vient pour se poser des questions, pour comprendre comment mieux travailler, comment mieux gagner sa vie, comment s’adapter", résume Céline Gstalder. Le SIA’PRO se distingue des autres rendez-vous agricoles pour être un espace de discussion à taille humaine.

Dans un contexte agricole chahuté, où les modèles évoluent vite et où les repères manquent parfois, le SIA’PRO s’affirme comme un espace de respiration. Un lieu où l’on prend le temps de décrypter, de partager et, surtout, de construire des solutions ensemble