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[Paroles de citoyens] "Il faudrait 51 Pernaut pour défendre l’agriculture"

Raphaël Lecocq

[Paroles de citoyens] "Il faudrait 51 Pernaut pour défendre l’agriculture"

Emmanuelle et Sylvain estiment que les médias relaient la parole critique de gens qui n’y connaissent rien à l’agriculture. Eux sont bienheureux au milieu des fermes, dans l’Orne. Mais personne ne leur demande leur avis. Enfin presque.

L’agriculture et les médias, une histoire de vaches mais une histoire vache aussi. Une semaine d’agriloving à l’occasion du Salon de l’agriculture pour 51 semaines d’agribashing le reste de l’année, en caricaturant un peu. Mis à part, bien sûr, le journal télévisé de 13 heures de TF1 de Jean-Pierre Pernaut. Le journaliste a un faible pour les trains qui arrivent à l’heure, les maisons de retraite qui fabriquent des centenaires ou encore les agriculteurs qui gagnent au Loto.

« Il faudrait des Jean-Pierre Pernaut sur toutes les chaines », rigole Emmanuelle, employée, avant de juger sévèrement le traitement journalistique de l’agriculture. « Dans les micros-trottoirs, les gens sont de suite négatifs ». La faute aux journalistes qui sélectionnent les témoignages à charge ? « Non », répond Emmanuelle. « Les gens sont comme ça. Peut-être faudrait-il que les journalistes interrogent d’autres personnes que les gens de la ville. Nous on vit au milieu des fermes et on est très heureux. Tout cela est injuste pour les agriculteurs ».

"L’agriculteur moyen n’existe pas dans les médias"

La presse nationale et la télévision, c’est une chose. Mais la presse locale ? « L’agriculture n’est pas toujours défendue non plus », poursuit Emmanuelle. « Dans le journal local, c’est soit la bio, soit les malheurs de la profession. Il n’y a pas de juste milieu. L’agriculteur moyen n’existe pas dans les médias, il est trop moyen, il ne fait pas assez de bruit. Et pourtant il existe puisque nous-mêmes, on vit au milieu de telles fermes, qui s’en sortent à peu près, mais si ‘elles s’inquiètent pour la reprise ».

Le couple et ses deux enfants sont bienheureux d’acheter de la viande dans l’une de ces fermes, tandis que leur potager leur fournit les légumes toutes l’année et les poules leurs œufs. L’un des deux enfants n’est pas insensible au milieu agricole. Mais ce n’est pas grâce à l’école. « Que ce soit en math, en anglais, en dessin, le sujet c’est la bio », déclare Emmanuelle. « Et au primaire, il n’y en a que pour la déforestation ». Au secours Jean-Pierre !

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Commentaires 8

Fred

Jean pierre le saint patron des gros beaufs, des illettrés, des gillets jaunes !!!"A l'école on nous parle que du bio et de la déforestation" et ca vous dérange telement que la maîtresse s'inquiète pour l'avenir de vos enfants.
Ne vous faites pas d'illusion ces gens là vous laisserons mourrir à la première occasion si ils trouvent de l'agneau australien pas cher chez lidl.

viking537

il faut lutter contre l agriculture conventionnelle(entendu sur une chaine d info!!!)
paysans en conventionnel depuis 45 ans dans une région des plus pauvres du pays,le pulvérisateur est a la casse depuis 20 ans,nous utilisons 8 t d engrais répartis sur 100 HA,nous sommes aussi sinon plus vertueux que les BIOS et nous ne sommes pas les seuls dans la région.pour les médias les uns ont une auréole sur la tète les autres sont a damner.il y en a vraiment marre, un petit coup de pouce Jean Pierre
Pour ètre BIO il faudrait un bilan carbone, pas de champs a plus de 2 KM

fab

Tout à fait d'accord avec vous
L'autre fois, une prof de mon gamin est capable de dire qu'une vache rumine mieux avec de l'enrubanné bio plutôt que de l'ensilage conventionnel.
Ces professeurs sont des intégristes qui ne laissent aucune place au débat.

ddx

tout a fait d accord avec l article !

alex suite

comment un système peut fonctionner quand on a moins à vendre.
la suprématie des non experts aura un retour de bâton sévère car d'emblée les conséquences des changements voulus sont tronquées, voire non évaluées.
la demande sociétale est rabâchée, amplifiée par les instituts techniques, les chambres d'agriculture, les agriculteurs vénaux.
les difficultés agricoles: d'une part les politiques ont laissé installer la critique des aides pac, oubliant de rappeler qu'il s'agit d'une compensation face à la mondialisation voulue; la critique des aides arrange maintenant les décideurs qui voudraient une armée européenne.
D'autre part, l'Etat a laissé faire les gms qui ne partagent la marge, tout le système profite des bas prix agricoles.

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