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Jeudi 06/08/2026
Après les incendies de Gironde et des Corbières, reconstruire mais pas reconduire
Après le mégafeu de Gironde et un an jour pour jour après celui des Corbières, le gouvernement annonçait la création d’une Mission reconstruction et adaptation des territoires (MRAT) destinée à accompagner la reconstruction des territoires impactés par les feux de forêt et de végétation, « dans une démarche durable et raisonnée ».
Le 5 août fera peut-être date dans l’appréhension des feux de forêt et de végétation attisés par les épisodes de sécheresses, eux-mêmes exacerbés par le réchauffement climatique. A Paris, le Premier ministre Sébastien Lecornu annonçait la création d’une Mission reconstruction et adaptation des territoires (MRAT) dédiée aux zones touchées par les feux de forêt et de végétation, dont le cumul s’élevait à 117.000 ha fin juillet, dont 42.000 ha pour le seul mégafeu de Gironde. Un record.
Tandis qu’à Jonquières (Aude), le préfet de l’Aude, représentant l’Etat, le Département de l’Aude, la Région Occitanie et la Chambre départementale d’agriculture signaient la charte d’engagement du « Plan Corbières 2030 », un an jour pour jour après la survenue d’un feu hors-norme par son étendue (16.000 ha parcourus dont 11.000 ha brûlés, 15 communes touchées), sa vitesse de propagation (avec des pointes à 5 km/h, son bilan humain (une victime et une dizaine de blessés) et matériel (des dizaines d’habitations et de véhicules calcinés), le tout en un peu plus de 24 heures.
Plan Corbières 2030
A propos de cet incendie, dans un rapport publié en juin dernier, une mission interministérielle (CGAAER, IGEDD) faisait le constat suivant : « Par son ampleur et sa durée, l’incendie ne constitue pas seulement une catastrophe environnementale majeure, mais un point de bascule révélant des fragilités structurelles anciennes : déséquilibres fonciers, tensions croissantes sur la ressource en eau, déprise agricole, morcellement institutionnel et difficulté persistante à transformer les intentions en actions concrètes. Le feu n’a pas créé ces vulnérabilités, il les a rendues visibles ».
Décliné en 4 axes et 21 actions, le Plan Corbières 2030 inventorie 4 axes et 21 actions visant à renforcer la gouvernance et l’ingénierie territoriale, à organiser une gestion collective de la ressource en eau, à recomposer les usages et les activités pour accroître la résilience face au changement climatique, et renforcer l’attractivité du territoire pour les habitants comme pour les visiteurs. « La cohérence et la faisabilité du plan d’action reposent sur deux politiques structurantes - le foncier et l’eau - au cœur des préconisations du rapport, dont dépend la capacité de résilience du territoire », lit-on dans le rapport, qui dessine une « trajectoire de recomposition progressive du territoire », reposant sur « des choix clairs », tels qu’ « accepter l’évolution des pratiques agricoles et viticoles, redonner une place au pastoralisme, organiser la gestion forestière, traiter de manière différenciée les situations d’habitat informel, et renforcer les centralités et les services de proximité ».
Les objectifs de la MRAT
De son côté, la Mission reconstruction et adaptation des territoires (MRAT) installée par le gouvernement le 5 août a vocation à accompagner la reconstruction « dans une démarche durable et raisonnée », via l’évolution des règles en matière de prévention du risque incendie (dont obligations légales de débroussaillement et mise en place de pares-feux), d’urbanisme et de modes de construction, via la transformation des écosystèmes, tant dans le choix des essences végétales que dans l’aménagement, ou encore l’entretien et l’exploitation de la forêt. La MRAT devra également concourir au retour d’expérience national, « essentiel pour éviter de nouveaux feux et leurs conséquences pour les territoires touchés ».
