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Jeudi 05/03/2026
Du bœuf brésilien à l’œstradiol 17β, un « scandale alimentaire et politique » pour la FNB
La FNB qualifie de « scandale » l’importation dans l'UE de bœuf hormoné d’animaux traités à l’œstradiol 17β, reconnue par la Commission européenne. Et appelle le président de la République à « la suspension immédiate de toute importation de bœuf brésilien sur notre territoire ».
« La FNB vous appelle, Monsieur le Président de la République, à la suspension immédiate de toute importation de bœuf brésilien sur notre territoire, et à veiller aux viandes qui pourraient être rebaptisées européennes à leur entrée dans d’autres états-membres ». Dans une lettre ouverte datée du 4 mars et adressée à Emmanuel Macron, Patrick Bénézit, président de la FNB, dénonce les « failles majeures » de la part des autorités brésiliennes vis-à-vis de l’interdiction d’envoi de bœuf hormoné vers l’UE et une Europe « laxiste » envers les produits d’imports alors que cette même Europe est « sans limite sur les normes qu’elle impose en interne ».
Œstradiol 17β
Publié le 25 février dernier, un rapport de la DG Santé de la Commission européenne reconnaissait officiellement que du bœuf hormoné d’animaux traités à l’œstradiol 17β avait été importé du Brésil par l’UE. « Bien que la MAPA [Department of Agriculture, Livestock and Food Supply du Brésil] ait mis en place un certain nombre de mesures, auxquelles elle s’est engagée dans son plan d’action, celles-ci n’ont pas permis d’exclure pleinement l’exportation vers l’UE de la viande d’animaux femelles traités à l’œstradiol 17β » lit-on dans le rapport.
Ce dernier dresse les conclusions de deux audits réalisés par le DG Santé de la Commission européenne en 2024 puis en octobre 2025, portant sur les procédures de contrôle des substances vétérinaires et phytosanitaires mises en œuvre par les autorités brésiliennes sur les denrées exportées. « Démonstration est faite que les dispositifs de contrôle supposés garantir le respect de cette norme européenne ne fonctionnent pas », écrit Patrick Bénézit, qui dénonce l’absence de mesures correctives de l'UE, évoquant un « scandale alimentaire et politique ».
Du pain sur la plancha
La lettre ouverte de la FNB est publiée le jour même où le Brésil a ratifié l’accord commercial UE-Mercosur conclu le 17 janvier dernier, soit une semaine après l’Uruguay et l’Argentine. Côté Mercosur, ne manque que la ratification du Paraguay. Quant à l’UE, par la voix de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, elle a décrété le 27 février dernier son application provisoire, en dépit du double sursis réglementaire et parlementaire induit par la saisine de la Cour de justice de l’UE par les eurodéputés. « Nous serons intraitables sur le respect des garanties que nous avons obtenues pour protéger nos agriculteurs et les Français » avait réagi Emmanuel Macron. Manifestement, il reste du pain sur la plancha.