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Vendredi 24/07/2026

Décarbonation : les 15 leviers propres au secteur agricole

Publié par Pleinchamp

Agroécologie, légumineuses, méthanisation, électrification, biomasse… : la troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) liste une quinzaine d’actions à impulser ou à amplifier pour que l’agriculture apporte sa contribution à la neutralité carbone d’ici à 2050.

Dans un décret publié au Journal officiel le 16 juillet, la France a adopté sa troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3). Celle-ci constitue le cadre de référence des politiques publiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre, guidant l’action de l’État, des collectivités, des entreprises et de l’ensemble des acteurs engagés dans la transition écologique afin d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.

La stratégie fixe également un objectif de réduction de l’empreinte carbone de la France compris entre -71 % et -79 % d’ici 2050 par rapport à 2010, afin de ramener l’empreinte moyenne d’un Français entre 2,3 et 3,1 tonnes de CO2 par habitant contre 8,2 tonnes de CO2 en 2024. L’empreinte carbone prend en compte les émissions liées à notre consommation, y compris celles produites à l’étranger pour les biens que nous importons.

+80 milliards d’euros par an

Selon le ministère de la Transition écologique, la décarbonation nécessitera 80 milliards d’euros par an d'investissements supplémentaires d'ici 2030 (comparativement à 2024), un montant que le ministère estimé toutefois « limité », au regard du coût de l’inaction climatique, qui pourrait réduite le PIB de 8,5 points d’ici à 2050, et que celui d’autres chocs climatiques potentiels.

La SNBC définit les trajectoires de décarbonation de l’ensemble des secteurs de l’économie, tout en poursuivant l’objectif de renforcer la souveraineté énergétique du pays, en réduisant sa dépendance aux énergies fossiles et en soutenant la compétitivité de ses entreprises.

S’agissant du secteur agricole, ses émissions doivent ainsi diminuer de 26 % d’ici 2030 pour s’établir à 68 Mt, et de 53% d’ici 2050 (43 Mt), comparativement à 1990 (93 Mt).

En grandes cultures : agroécologie, AB, légumineuses, sobriété azotée

- développer les systèmes agroécologiques sur environ 36% des surfaces en 2030 et 50% en 2050, par rapport à 7,8 % en 2020

- en particulier, développer l’agriculture biologique sur environ 21% des surfaces en 2030 et 25% en 2050, par rapport à 5,8% en 2020

- déployer les techniques d’agriculture de précision sur 15% de surfaces supplémentaires en 2030 et 25% en 2050 (5% en 2020)

- atteindre 10% de la SAU cultivée en légumineuses d'ici au 1er janvier 2030

- réduire la consommation d’engrais minéraux azotés de 30% en 2030 et de 54% en 2050 par rapport à 2020, grâce à la diversification des sources d’azote et une optimisation de son usage.

En élevage, autonomie protéique, pâturage, intensité carbone

- réduire de 50% les importations de soja à horizon 2030 par rapport à 2020

- atteindre l’autonomie protéique nationale en 2050

- évolution des systèmes bovins laitier en pâturage dominant de 18% en 2020 à 45% en 2030

- poursuivre cette évolution à horizon 2050, afin de préserver les prairies permanentes, en particulier productives

- généraliser la couverture des fosses à lisier et développer la méthanisation des effluents

- diminuer les émissions par tête de la fermentation entérique (ajustement des rations, optimisation de la conduite des troupeaux, sélection génétique)

Machines et les bâtiments agricoles : décarbonation toute !

- à court terme, dans le cadre du plan d’électrification, soutenir 150 engins agricoles électriques fabriqués en Europe et atteindre 400 ha de serres maraîchères et horticoles équipées de pompes à chaleur d’ici 2030

- supprimer toute consommation énergétique fossile à horizon 2050

Stocker (plus) de carbone

- mettre en œuvre le Pacte en faveur de la haie : +50.000 kilomètres linéaires nets de haies à horizon 2030 par rapport à 2020, poursuite de la dynamique à horizon 2050

- atteindre 100.000 ha de surfaces de terres arables et prairies avec agroforesterie intraparcellaire en 2030, et 300.000 ha en 2050, réparties équitablement entre les terres arables et les prairies

Hiérarchisation des usages de biomasse

La SNBC 3 vise à équilibrer consommation et production de biomasse énergétique (bois énergie, biogaz, biocarburants) alors qu’en 2030, la demande pourrait dépasser l'offre disponible sur le territoire national, surtout

pour les biocarburants, avant de se stabiliser d’ici 2050 grâce à la modération de la consommation et à une meilleure mobilisation des ressources.

La demande en biocarburants augmentera fortement d’ici 2030, nécessitant temporairement des importations avant un quasi-équilibre en 2050 grâce à l’électrification et à une production accrue pour l’aviation et le fret lourd.

Le biométhane devra prendre le relai du gaz fossile, avec d’autres gaz bas-carbone en 2050, ce qui implique de réduire fortement la consommation de gaz et de mobiliser la biomasse agricole.

La biomasse solide, sous forme de plaquettes, de produits connexes de scierie et déchets de bois pour un usage en combustion, restera sous tension à court terme, mais sera progressivement orientée vers les usages matériaux à long terme.