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Jeudi 27/08/2026

Sécheresse : la Conf’ réclame l’application du « quoi qu’il en coûte »

Publié par Pleinchamp

Le syndicat évoque un moment de « bascule » et réclame, au-delà des mesures d’urgence, une « bifurcation agroécologique », dézinguant au passage la toute fraiche émoulue loi d’urgence agricole, qui ne « règle rien » de la crise climatique, pas plus que l’assurance multirisque et son Indemnité de solidarité nationale, des « miettes de miettes ».

« Il n’y a pas un paysan ou une paysanne qui ne soit pas impactée par les conséquences du dérèglement climatique et tout doit être fait pour qu’aucune ferme ne disparaisse » : tels sont l’alerte et l’appel lancés jeudi en conférence de presse par Stéphane Galais, porte-parole national de la Confédération paysanne et qui a appelé à un « quoi qu’il en coûte » pour l’agriculture, évoquant l’épisode du Covid. « On est dans ce moment historique », a averti l’éleveur laitier d’Ille-et-Vilaine, qui redoute que la sécheresse, à la fois annonciatrice « d’années aussi difficiles, voire plus » et révélatrice de « l’inadaptation et l’impréparation des orientations et des politiques agricoles » ne soit le prétexte à « l’accélération de la concentration des fermes avec pour seule boussole la compétitivité », en référence au discours de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard au dernier Salon de l’agriculture.

La Conf’ réclame au contraire une « bifurcation agroécologique » à l’opposé de la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles promulguée le 18 août dernier. « On voit pas comment le retour de molécules néonicotinoïdes, l’agrandissement des bâtiments de production animale industriels ou le doublement du stockage sans priorisation, sans regard lucide sur la protection des ressources et sur le partage de l’eau, peuvent être une réponse à la crise qu’on vit », a martelé Stéphane Galais, rappelant que la Confédération paysanne n’était pas « contre l’irrigation ». « On a besoin d’eau c’est une évidence, mais la question, c’est comment on la partage, comment on priorise ses usages, comment on la protège ». Sur le sujet de l’eau, la Conf’ a loué au passage l’initiative de certains préfets excluant les maraichers des restrictions d’irrigation.

"L’ISN, c’est des miettes de miettes"

De son côté, Thomas Gibert, autre porte-parole national, a dézingué la réforme de l’assurance récolte entrée en vigueur le 1er janvier 2023. « Seuls 18,3% des paysans ont souscrit un contrat d’assurance multirisques climatiques, a-t-il affirmé. L’immense majorité des paysans et paysannes sont sans filet de sécurité. L’ISN, c’est des miettes de miettes, car elle se déclenche à partir de 50% de pertes de rendement, autrement dit quand les champs sont totalement ravagés pour une indemnisation de 28% », la Conf réclamant respectivement 30% et 100% et à terme, la mise en place d’un fonds mutuel, solidaire et universel, abondé par l’Etat, les fournisseurs, les producteurs, les transformateurs et les distributeurs. « Ce n’est pas normal que seul le monde paysan subisse le risque climatique pendant que toute la filière se gave sur notre dos ».

La Conf, qui a évoqué une « grande souffrance, un moment ultra compliqué dans les territoires, une grande détresse » redoute dans le secteur de l’élevage une « décapitalisation forte ». « Il est nécessaire d’asseoir le revenu des éleveurs par des outils de régulation de répartition de la valeur et de prix minimum garantis », a dit Stéphane Galais, balayant les critiques récurrentes sur ce sujet. « Avec des contrats sur 15 ans, les méthaniseurs bénéficient de prix minimum garantis, ce qui leur permet de faire de la spéculation sur les fourrages », a tancé le porte-parole.

Pour ce qui est de l’urgence, la Conf’ réclame notamment une aide de 5000 euros pour toutes les fermes impactées, parmi toute une liste de mesures d’ordre conjoncturel et structurel, un plan que le syndicat désespère de remettre en mains propres au Premier ministre, resté sourd à ses appels.