Téléchargez la nouvelle application Pleinchamp !
Lundi 23/03/2026

Souveraineté 2035 (6/6) : produire plus de lin, houblon, miel, PPAM, plants et fleurs coupées

Publié par Pleinchamp

Outre leur poids économique dans la chaine alimentaire et leurs débouchés non alimentaires, les cultures végétales spécialisées sont porteuses de services écosystémiques et de valeurs immatérielles que leurs promoteurs entendent affirmer encore davantage, via une forme « innovante » de structuration économique.

Une diversité des débouchés existants souvent sous-exploités et de nouveaux débouchés à exploiter, tels le chauffage et la construction pour les coproduits du lin, les produits de la ruche pour la cosmétique, les biomolécules des Plantes à parfum aromatiques et médicinales (PPAM). Un potentiel de synergies entre le lin et chanvre textile pour la transformation, l’horticulture et la maraichage, l’apiculture et pollinisation des cultures, l’oléiculture et les PPAM. Telles sont les opportunités des cultures végétales spécialisées selon le groupe sectoriel des Conférences de la souveraineté alimentaire chargées, préparatoires au futur Plan national de production et de transformation à horizon 2025, visant à défendre ou à reconquérir des parts de marché selon les filières.

Dans le domaine des cultures végétales spécialisées, le groupe sectoriel fait état de situations « très contrastées » avec des domaines d’excellence, tels les parfums et cosmétiques qui s’adjugent un excédent commercial de 17 milliards d’euros ou le lin dont la France assure 60% de la production mondiale. Les insuffisances sont en revanches notable en huile d’olive, fleurs coupées, houblon et miel, avec des taux d’auto-approvisionnement respectifs de 5%, 15%, 25% et 49%.

« Ces petites filières sont un peu les orphelines de la politique agricole, déclaré Arnaud Montebourg, président de la Compagnie des Amandes et référent du groupe sectoriel, citant les retards dans la recherche variétale et dans les solutions de biocontrôle, la multiplication des impasses techniques, la faible structuration économique malgré une solide activité syndicale et professionnelle. « Toutes les filières, bardées d’optimisme et de vitalité sont prêtes à augmenter leurs surfaces, si l’étau et la pression réglementaire diminue enfin » . L’ancien ministre du Redressement productif évoque par ailleurs une forme « innovante de structuration économique », avec des « des opérateurs d’augmentation de surfaces cultivées, filière par filière, organisant celles-ci de façon coopérative, intégrant l’amont et l’aval, capables de financer les nouveaux investissements nécessaires à la relance des productions « Made in France », capables de cofinancer la recherche publique-privée sur les besoins de la filière et de ses productions ».

Comme tant d’autres, les cultures végétales spécialisées sont particulièrement exposées aux aléas climatiques et confrontées en prime à des impasses phytosanitaires totales, s’ajoutant à une surrèglementation nationale et une concurrence déloyale d’autres pays. Ces filières, par ailleurs contraintes à des investissements lourds dans des infrastructures (serres horticoles, échafaudages pour les lianes de houblon) attendent des pouvoirs publics qu’ils leur réservent davantage de soutien.

Les projets prioritaires

- augmenter la production de houblon

- relancer l’arbre et la fleur de saison français et relocaliser la production de jeunes plants

- augmenter la production de plantes aromatiques et médicinales

- poursuivre la dynamique de croissance de la production et de la 1ère transformation du lin

Les perspectives à 10 ans

- PPAM : augmenter les surfaces de 10.000 ha, dont le pavot pharmaceutique et les herbes de Provence

- houblon : doubler les surfaces cultivées passant de 724 ha en 2025 à 1500 ha en 2035, ce qui permettra de produire 2300 tonnes de houblon en 2035 et de satisfaire 50% de la demande contre 25% en 2025

- lin : doubler les surfaces cultivées, actuellement de 176.000 ha

- huile d’olive : canaliser et accompagner la reconversion de viticulteurs sans dégrader la valorisation et augmenter le verger oléicole de 1.500 ha

- miel et autres produits de la ruche : maintenir l’attrait des produits locaux et naturels, structurer une offre plus segmentée et plus lisible pour orienter la demande vers des produits à forte valeur ajoutée, développer la valorisation de la pollinisation

- horticulture : augmenter les volumes de production des pépinières, de jeunes plants et de fleurs coupées via pour ces dernières un plan de souveraineté dédié, avec une cible de 20% d’auto-approvisionnement en 2035 contre 15% en 2025