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Lundi 27/07/2026
50€/t ou 70€/t : le guichet d’aide à l’achat d’engrais azotés simples ouvrira le 1er août
Le montant de l’aide « exceptionnelle » s’élève à 50€/t à valoir sur les engrais achetés entre le 1er juin et les 30 septembre 2026, avec un plafond correspondant à 50% des tonnages achetés en 2025. L’aide est portée à 70€/t pour les agriculteurs dont les engrais pèsent plus de 10% de leurs charges, majoration s’appliquant également aux jeunes installés. Le tout dans la limite des 145 millions d’euros alloués.
« Comme je m’y étais engagée, le guichet exceptionnel d’aide à l’achat d’engrais azotés simples est désormais ouvert », a déclaré sur X le 24 juillet Annie Genevard. Parce que sans engrais, il n’y a pas de production, nous aidons les agriculteurs à faire face à la flambée des prix, à débloquer leurs achats et à préparer les récoltes de 2027 », a poursuivi la ministre de l’Agriculture.
Débloquer les achats, préserver les capacités productives
Annoncé le 9 juillet dernier, le plan engrais est destiné à « débloquer les achats d’engrais azotés » et à « préserver nos capacités productives et sécuriser les récoltes de 2027 », un effort « exceptionnel » selon le ministère de l’Agriculture lié au surcoût lui aussi « exceptionnel » induit par le déclenchement, le 28 février dernier, de la guerre au Moyen-Orient, les engrais azotés simples ayant été les plus impactés par la flambée des prix.
50€/t ou 70€/t sur 50% des achats 2025
Le montant de l’aide s’élève à 50€/t à valoir sur les engrais azotés simples (sans phosphore ni potasse) achetés entre le 1er juin et les 30 septembre 2026, avec un plafond correspondant à 50% des tonnages achetés en 2025. L’aide est portée à 70€/t pour les agriculteurs dont les engrais pèsent plus de 10% de leurs charges, majoration s’appliquant également aux jeunes installés.
Dématérialisée sur la plateforme d’acquisition de données de FranceAgriMer, le guichet de demande d’aide ouvrira du 1er août au 6 novembre 2026. « Les demandes d’aide sont admissibles sont admissibles dans la limite des crédits disponibles, selon d’ordre d’arrivée des dossiers complets et jusqu’à épuisement de l’enveloppe », précise le document de FranceAgriMer. Crédité au maximum 145 millions d’euros, le dispositif est financé est aux trois-quarts par l’UE et complété par le ministère de l’Agriculture.
Selon France fertilisants, 5,3Mt d’engrais azotés simples ont été livrés en France métropolitaine lors de la campagne 2024-2025, dont 43% d’ammonitrates, 33% de solution azotée et 19% durée.
Les cotations en date du 23 juillet s’affichent à 495€/t pour les ammonitrates 33,5% et à 417,5€/t pour la solution azotée. « Je serai particulièrement attentive à ce que les cours des engrais ne reflètent que les surcoûts liés à la situation au Moyen-Orient » a prévenu la ministre de l’Agriculture. Un point d’étape sera effectué le 1er octobre, « afin d’adapter le dispositif au regard des surcoûts des engrais azotés ».
Vers une stratégie durable de souveraineté en matière de fertilisants
Au-delà de cette réponse d’urgence, le gouvernement a engagé « une stratégie de long terme visant à réduire la dépendance de la France aux engrais importés et à renforcer la compétitivité de la filière autour de trois priorités », à commencer par le pilotage de la fertilisation, en visant +40% de surfaces bénéficiant d’un bilan azoté d’ici à 2030 (comparativement à 2020), en réduisant de 20% le surplus brut d’azote d’ici 2030, en portant à 30% la part des systèmes de production à bas intrants et en atteignant 2,7 millions d’hectares de légumineuses cultivées à l’horizon 2030. Le plan vise également l’enfouissement de 30% de l’urée et de 20 % des solutions azotées dans les douze heures suivant leur épandage d’ici 2030.
Le plan comporte également un volet engrais organiques, consistant à soutenir la valorisation des effluents d’élevage et l’amélioration des pratiques agricoles afin d’atteindre 80% de fosses couvertes pour les effluents liquides bovins et porcins.
Il intègre enfin un axe visant à produire davantage d’engrais décarbonés en France (+20% d’ici à 2032), moyennant un programme d’investissement industriel de 2 milliards d’euros sur dix ans, soutenu à hauteur de 620 millions d’euros par l’Etat.
Dans les tuyaux depuis le printemps 2025, le plan de souveraineté engrais a trouvé avec le blocage du détroit d’Ormuz le déclencheur de sa matérialité.
Les autres dispositifs d’aide
L’aide de 50€/t ou 70€/t s’ajoute à d’autres mesures telles que la prise en charge à hauteur de 15 centimes par litre le GNR pour les mois de mai à août, pour un montant de 212 millions d’euros (+14 millions d’euros en avril sous forme de renoncement au droit d’accise sur el GNR), des « prêts carburant » de court-terme exceptionnels encadrés par BPI France pour amortir la hausse des prix de l’énergie, un report de cotisations sociales, sans frais ni majoration, et un étalement des échéances fiscales, à la demande des exploitants et enfin une prise en charge exceptionnelle des cotisations sociales à la Mutualité Sociale Agricole (MSA) pour les exploitations fragiles, pour un montant de 20 millions d’euros.