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Vendredi 27/03/2026

Crise énergétique : l’Etat renonce à 0,04€/l de droit d’accise sur le GNR en avril

Publié par Pleinchamp

La ministre de l’Agriculture s’est par ailleurs engagée à rallier « la coalition la plus large et la plus solide possible » d’Etats membres pour obtenir de la Commission européenne « la suspension ou la neutralisation » de la taxe carbone sur les engrais.

« Sur les 30 prochains jours chaque centime d’accise qui aurait dû renter dans les caisses de l’Etat restera dans la poche des agriculteurs ». C’est ce qu’a annoncé la ministre de l’Agriculture Annie Genevard lors d’une conférence de presse vendredi en fin d’après-midi, consacrée à la crise de l’énergie consécutive à la guerre déclenchée le 28 février dernier par une coalition israélo-américaine contre l’Iran, coupant l’autoroute maritime du pétrole et du gaz qu’est le détroit d’Ormuz. Le renoncement au droit d’accise, conforme à la règlementation européenne, représente un effort de 14 millions d’euros et devrait engendrer une baisse de 4 centimes par litre de GNR, à valoir en avril en l’état des annonces.

« Ridicule », « miettes », « foutage de gueule »

Les secteurs du transport et de la pêche ont également obtenu une baisse de la fiscalité, pour un montant global, avec l'agriculture, de 70 millions d’euros. « Les mesures sont gagées sur les budgets des ministères, il ne s’agit pas d’une nouvelle enveloppe » a précisé le ministre de l’Economie Roland Lescure.

En réaction, les Jeunes agriculteurs ont qualifié la mesure de « ridicule » eu égard à l’augmentation de « 70 centimes du gasoil agricole depuis le début de la guerre ». Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA a été plus virulent, en parlant de « miettes » et de « foutage de gueule ».

"La France de se situe parmi les pays les plus compétitifs en Europe sur le carburant agricole"

La ministre de l'Agriculture a rappelé que le GNR agricole bénéficiait déjà d’une réduction du droit d’accise, « représentant 1,3 milliard d’euros par an pour les finances publiques, et qui permet à la France de se situer parmi les pays les plus compétitifs en Europe sur le carburant agricole ».

Il s’agit, depuis le début de la crise, de la deuxième annonce gouvernementale après celle du 23 mars dernier, consistant en des reports de cotisations sociales et des obligations fiscales et la mise en place de prêts de court terme exceptionnels par Bpifrance. La ministre de l’Agriculture a également rappelé la mise en place des prêts structurels de consolidation, annoncés au dernier Salon de l’agriculture, et pouvant être contractés jusqu’au 31 décembre et assortis d’une prise en charge du coût de la garantie par Bpifrance.

En quête de la suspension ou de la neutralisation du MACF sur les engrais

Outre l’impact sur le GNR, la crise se fait également sentir sur le prix des engrais azotés, fabriqués à partir du gaz naturel, notamment extrait dans le Golfe Persique et transitant par le détroit d’Ormuz. A l’explosion des cours du gaz s’ajoute l’instauration, depuis le 1er janvier, du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), la taxe carbone imposée aux engrais entrants dans l’UE pour les mettre sur un pied d’égalité avec la production intra-européenne d’engrais, déjà taxée. « La Commission européenne doit prendre sa part de responsabilité et nous appelons à la suspension ou à la neutralisation de cette taxe sur les engrais » a affirmé Annie Genevard, qui sera lundi à Bruxelles, misant sur « la coalition la plus large et la plus solide possible » d'Etats membres pour obtenir gain de cause auprès de l’exécutif européen.