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Vendredi 22/05/2026

La restauration collective se défend d’être le passe-plat des produits d’import

Publié par Pleinchamp

Chiffres à l’appui, le Syndicat national de la restauration collective affirme que les 28.000 restaurants de ses adhérents sont les « champions du soutien à l’agriculture française ». Et de juger superfétatoire l’article 4 du projet de loi d’urgence agricole.

« Les entreprises de la restauration collective sont pleinement au rendez-vous de l’origine France et du soutien à nos agriculteurs, et ce depuis longtemps. Les résultats de nos enquêtes prouvent qu’elles n’ont pas besoin d’un texte de plus pour accompagner leurs donneurs d’ordre dans leurs engagements et pour répondre aux attentes croissantes des Français en matière de transparence et de traçabilité alimentaire ». Ainsi s’exprime Isabelle Aprile, présidente du Syndicat national de la restauration collective (SNRC), dans un communiqué daté du 21 mai.

Une pique dans l’assiette du Premier ministre Sébastien Lecornu qui, en janvier dernier, à l’occasion d’une visite d’exploitation en Eure-et-Loir avait déclaré que « personne ne peut comprendre désormais en 2026 que des euros d’argent public du contribuable, que ce soit le contribuable local ou le contribuable national puisse permettre d’acheter de la nourriture qui a un bilan carbone et climatique absolument épouvantable et qui vient de l’autre bout du monde », avait-il lancé, en avouant que ses services avaient été dans l’incapacité de lui dire quelle était la part de produits hors-UE du milliard d’euros que l’Etat consacre chaque année à l’achat de matières premières agricoles et alimentaires.

Dans la foulée, le Premier ministre annonçait que la part de produit hors UE serait bientôt réduite à zéro, par l’entremise du Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, en cours d’examen à l’Assemblée nationale.

Origine des viandes servies par les adhérents du SNRC en 2025 (Source : SNRC)
Origine des viandes servies par les adhérents du SNRC en 2025 (Source : SNRC)

Des chiffres, le SNRC n’en manque pas. Selon son enquête annuelle, représentative de 80 à 85% des approvisionnements des adhérents, et relative à l’année 2025, les denrées « made in France », culminent, en volume, 99,7% en volaille fraîche, 97,4% en bœuf frais, 99,3% en porc frais, 94% en beurre (et 5,7% origine UE), 99,25% en œufs, 99,66% en lait, 98,8% en yaourts, 80% en fromages (et 19,13% origine UE).

Origine des œufs et produits laitiers servis par les adhérents du SNRC en 2025 (Source : SNRC)
Origine des œufs et produits laitiers servis par les adhérents du SNRC en 2025 (Source : SNRC)

En fruits et légumes, le SNRC fait moins bien avec 48% d’origine France et 34% d’origine UE mais le SNRC relève que la production française ne couvre en moyenne que 54% de la consommation nationale sur la période 2021-2023, pour partie en lien avec les importations de produits exotiques, que la France ne produit pas à hauteur de ce qu’elle consomme. Et de citer le cas de l’ananas, « indispensable à la diversité alimentaire » dont la France ne produit que 1% de ce qu'elle consomme, en attendant son hypothétique implantation sous la latitude hexagonale.

« Grâce à leurs volumes d’achats, les entreprises de la restauration collective offrent aux agriculteurs français des débouchés sûrs, pérennes et structurants. Les résultats de l’enquête démontrent que les entreprises de la restauration collective répondent d’ores et déjà pleinement aux objectifs poursuivis par l’article 4 du projet de loi. Le véritable enjeu n’est donc pas d’imposer de nouvelles obligations aux acheteurs, mais de restaurer la capacité productive de l’agriculture française afin de permettre à l’offre nationale de répondre à la demande »., conclut le SNRC.

En janvier dernier, le SNRC s’était défendu d’être le passe-plat des poulets ukrainiens et brésiliens et plus largement des viandes du Mercosur.