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Lundi 23/02/2026

Les prêts structurels garantis portés à 400.000 euros et élargis aux coopératives viticole et arboricole

[SIA 2026] Proposés par les établissements bancaires, dont le Crédit Agricole, les prêts structurels garantis permettent aux exploitants, et donc aux coopératives, de déjouer la succession sinon l’addition d’aléas d’ordre climatique, sanitaire et économique.

Lors de l’édition 2025 du salon de l’Agriculture, le ministère de l’Agriculture intronisait les prêts structurels garantis, destinés à soutenir les exploitations fragilisées par la succession, voire l’accumulation et l’addition d’aléas d’ordre climatique, sanitaire et économique. L’Etat apportait sa caution, à hauteur de 70%, à des prêts bancaires plafonnés alors à 200.000 euros.

Les quatre premiers bénéficiaires de prêts accordés par le Crédit Agricole, adossés à la garantie de Bpifrance
Les quatre premiers bénéficiaires de prêts accordés par le Crédit Agricole, adossés à la garantie de Bpifrance

Un an plus tard, ces différents fronts ne se sont pas refermés et ils n’épargnent aucune filière, si l’on songe aux céréaliers dans le rouge depuis trois ans, aux éleveurs confrontés à la DNC qui a fait irruption au mitan de l’année ou encore aux vignerons groggys par des vendanges « corinthiennes », la mévente ou encore les surtaxes américaines et chinoises. « Le dispositif lancé au Salon de l’agriculture l’an passé a démontré son utilité mais j’ai pleinement consigne que, face à la persistance des difficultés, il doit évoluer »., a déclaré la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, à l’occasion de la signature, lundi, des quatre premiers prêts « nouvelle formule ».

"Il ne s’agit pas seulement de faire face à l’urgence mais de conserver notre capacité à produire, à transformer et à demeurer une grange puissance agricole"

Ce n’était pas gagné car le dispositif était censé se clôturer le 31 décembre dernier. « La promulgation de la loi de finances pour 2026 nous donne les moyens de poursuivre et d’amplifier ces efforts », a poursuivi la ministre, précisant que le gouvernement avait placé l’agriculture en haut de ses « priorités ». « L’agriculture française doit être accompagnée, soutenue et consolidée dans cette période de transition car il ne s’agit pas seulement de faire face à l’urgence mais de conserver notre capacité à produire, à transformer et à demeurer une grange puissance agricole ».

Jusqu’à 600.000 euros pour les exploitants, 5 millions d’euros pour les coopératives

Opéré par Bpifrance, le dispositif est ainsi reconduit jusqu’à fin 2026. Le plafond des prêts est porté à 400.000 euros « voire 600.000 euros pour les exploitations les plus en difficulté », a précisé Annie Genevard. Il est par ailleurs élargi aux coopératives des filières viticole et arboricole, avec un plafond de 5 millions d’euros. « En accompagnant les coopératives, on fait le choix non seulement de soutenir des structures mais des écosystèmes entiers, des territoires et un modèle collectif qui fait la force de l’agriculture française » a justifié la ministre.

La première coopérative signataire d’un prêt, accordé en l’occurrence par le Crédit Agricole Sud Rhône Alpes, est la Maison Jaillance à Die (Drôme). « Ce prêt va nous permettre de soutenir l’investissement dans la restructuration de notre vignoble » a déclaré son président Patrick Berthet.

Trois exploitations, dont deux céréalières et une viticole, ont par ailleurs paraphé leur contrat de prêt, toujours avec le Crédit Agricole, sur le stand même du ministère. « Si nos exploitations sont en vie, c’est grâce à nos banques, c’est grâce à l’état, grâce aux aides que l’on a eues pendant les périodes difficiles », a déclaré Clémentine Herre du Domaine Tambour à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), tout en invitant ses compatriotes à être « fiers de manger bon et français ». Pascal Verrièle, céréalier en Seine-et-Marne, a évoqué un projet de réintroduction de l’élevage. « Donnez-nous les outils pour que l’on puisse travailler », a-t-il exhorté.

"La ferme France est en souffrance mais elle peut compter sur le Crédit Agricole, présent sur tout le territoire, pour accompagner les agriculteurs en difficulté"

De son côté, Olivier Desportes, président de la Caisse régionale du Crédit Agricole des Côtes d’Armor et président du Comité de l’agriculture et de l’agroalimentaire du Crédit Agricole, a remercié Annie Genevard d’avoir prolongé le dispositif. « La ferme France est en souffrance mais elle peut compter sur le Crédit Agricole, présent sur tout le territoire, pour accompagner les agriculteurs en difficulté et proposer ces prêts structurels ». « La souveraineté alimentaire ne se décrète pas : elle se finance, elle se construit et elle se protège » a conclu Annie Genevard.